Crash de Kenge : un accident qu’on aurait pu éviter ?

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L’annonce, tous azimuts, du crash de l’avion qui ramenait de Kikwit à Kinshasa les deux plus hauts responsables de la justice militaire congolaise et plusieurs de leurs collaborateurs a fait boule de neige. En quelques instants, l’annonce du vice-gouverneur du Kwango à ce sujet a ébranlé les réseaux sociaux.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a, pour sa part, clôturé le Conseil des ministres de ce vendredi 25 septembre 2026 par cette information macabre, en présentant ses condoléances aux familles éprouvées, à l’armée et à l’ensemble de la nation congolaise.

Après un silence martial, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont confirmé, le même vendredi, la mort du lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et du lieutenant-général Lucien René Likulia Bakumi, auditeur général des FARDC, dans le crash survenu à Kenge, dans la province du Kwango.

Douze membres de leur délégation, ainsi que les membres de l’équipage, ont également trouvé la mort dans cet accident d’avion, indique le communiqué des FARDC. Selon ce document, signé par le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, des investigations ont été ouvertes afin de déterminer les circonstances et les causes de l’accident.Au-delà de la profonde tristesse suscitée par ces disparitions brutales, un élément interpelle d’emblée certains observateurs.

Dans l’ordre de mission qui circule sur les réseaux sociaux, le moyen de transport initialement prévu pour cette mission aurait été la voie terrestre.Si l’authenticité de ce document venait à être établie, une question se poserait alors : pourquoi le mode de déplacement prévu dans l’ordre de mission aurait-il été modifié au profit d’un appareil civil ?

Est-ce que les missionnaires, seraient morts si l’idée du départ avait été respectée ? Toutefois, la prudence s’impose, car certains spécialistes de la question font valoir que, pour des raisons de sécurité, les informations contenues dans un ordre de mission destiné à des personnalités de haut rang peuvent être volontairement imprécises ou même constituer une mesure de diversion. De même, la date ou les modalités de déplacement peuvent être modifiées pour des raisons opérationnelles.Une autre question demeure cependant dans l’esprit de nombreux Congolais : pourquoi, pour le déplacement de deux officiers généraux occupant de telles fonctions, n’a-t-on pas privilégié un appareil militaire, si des moyens de l’armée étaient disponibles et adaptés à la mission ?Là encore, seule une enquête sérieuse permettra de déterminer les raisons du choix effectué et, surtout, de savoir si celui-ci a eu une quelconque incidence sur le drame.

Au finish, si l’aérodrome de Kenge était en mesure de recevoir sereinement l’aéronef en détresse, aurions-nous aujourd’hui à déplorer une catastrophe d’une telle ampleur ?Il est en fait prématuré d’établir un quelconque lien de causalité avec toutes les questions soulevées, tant que les conclusions des investigations ne sont pas connues.

Néanmoins, toutes ces interrogations renvoient à une problématique plus large qui entrave parfois le fonctionnement de l’administration congolaise : celle du respect des décisions et des procédures établies par la hiérarchie. Dans la vie courante, certains comportements donnent parfois l’impression que des règles peuvent être contournées au gré des circonstances : cortèges qui brûlent les feux rouges, véhicules qui empruntent des voies à sens unique ou sirènes qui retentissent pour s’arroger une priorité qui n’est pas toujours justifiée.À ce stade, une seule certitude demeure : dix-sept vies, parmi lesquelles celles de deux hauts responsables de la justice militaire, ont été fauchées. Et les circonstances précises de cette tragédie devront être établies avec rigueur.

En attendant les conclusions des investigations, ces nombreuses questions qui bousculent la conscience collective ne peuvent être considérées que comme des interrogations légitimes d’un peuple endeuillé, qui attend de connaître la vérité.

Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de rédaction.-

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