L’Institut Supérieur Pédagogique de Libenge (ISP-Libenge) a organisé le vendredi 6 novembre 2026 une matinée scientifique à Mawuya, cité du secteur de Libenge-Sud située à plus de 60 km du chef-lieu du territoire de Libenge. Placée sous le thème « Vision de l’ISP-L pour le territoire de Libenge », elle s’est tenue dans la grande salle paroissiale de la cité.
Cette rencontre fait suite à une correspondance datée du 20 octobre 2026, par laquelle l’ISP Mawuya reprochait à l’ISP-Libenge d’organiser des auditoires délocalisés et de recruter des candidats sans diplôme d’État. Dans sa lettre, le directeur général de l’ISP Mawuya, le doctorant MBONDA BEANDO Jean Paul, affirmait également que l’enseignement supérieur n’est pas une quincaillerie à ouvrir dans chaque village à des fins lucratives, ajoutant que cela constituait une bombe à retardement pour la communauté.
Estimant ces accusations infondées et teintées de haine, la direction de l’ISP-Libenge, conduite par le doctorant Cheick DOTE NAGIFI, a choisi de se rendre à Mawuya pour répondre directement à son accusateur, devant les intellectuels du milieu.La délégation comprenait le directeur général, le secrétaire général académique, le secrétaire général administratif et d’autres cadres de l’institution.

Face à l’assistance, le DG a structuré son intervention autour de quatre questions : quel est le statut juridique de l’ISP-Libenge ? Quel système d’enseignement utilise-t-il ? Quelle est sa vision ? Quelles stratégies adopte-t-il pour assurer la viabilité de sa population estudiantine ?
Les quatre réponses de l’ISP-Libenge
Pour ce qui est du Statut juridique, L’ISP-Libenge est un établissement public d’enseignement supérieur pédagogique, créé par l’arrêté ministériel n° 137/MINESU/CAB.MIN/SMM/KGN/LMM/2018 et la notification de la secrétaire générale à l’Enseignement supérieur et universitaire n° MINESU/SG/160/01/2758/2018 du 16 juillet 2018. Ses mandataires ont été nommés par l’arrêté ministériel n° 143/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 du 10 juillet 2026, notifié par la lettre n° MINESU/SG/160/07/8528/2026 du 13 juillet 2026.
À ce jour, l’institut compte 96 personnels mécanisés et rémunérés, dont 69 scientifiques et 27 PATO (personnels administratifs, techniques et ouvriers).Pour le système d’enseignement, l’établissement applique le système LMD (Licence-Master-Doctorat), qui offre une meilleure lisibilité et une harmonisation des grades à l’échelle internationale. Il implique de piloter, d’enseigner et d’évaluer autrement, avec la primauté accordée à la professionnalisation. Le premier cycle, d’une durée de trois ans, est sanctionné par la licence, à finalité professionnelle ou de recherche.Sa Vision correspond aux missions assignées aux ISP par le cadre normatif : former des enseignants qualifiés du secondaire dans toutes les disciplines ; organiser la recherche en pédagogie appliquée pour améliorer la qualité de l’enseignement maternel, primaire, secondaire et professionnel ; vulgariser les résultats de la recherche, notamment par la production et la diffusion de manuels scolaires adaptés.Pour ce qui est de la Viabilité et des stratégies, le territoire de Libenge est vaste, de Bogilima à Wambo via Ciforco et Mbati Ngombe, et de Bogilima à Bavula via Worobe et Bazene. Concentrer les enseignements au centre du territoire limiterait l’accès des candidats des périphéries. L’institut retient donc quelques sites d’encadrement, en attendant les grandes rencontres organisées pendant les vacances, conformément au calendrier scolaire.

Le DG a ensuite lancé un appel à l’apaisement :« La rentrée académique était prévue le 26 octobre, mais dès le 20 octobre, l’ISP Mawuya, par son directeur général, nous accuse. Quittons la haine et tenons-nous la main dans la main pour développer notre contrée. Nous sommes des scientifiques, nous devons être des exemples pour nos étudiants. L’ISP-Libenge ne souhaite la chute d’aucune institution, car nous travaillons tous pour l’émergence de Libenge. »Les échanges, qui ont permis de dissiper les malentendus, ont animé la salle. Des conseils et des orientations ont été formulés par les participants, et la séance a été levée dans un climat de paix et de convivialité. Des photos de famille de la communauté scientifique ont immortalisé l’événement, les différentes protagonistes ayant fumé le calumet de la paix.Ezéchiel BINGOMBI
