Changement de la constitution : l’honorable Alfred Dibandi Nzondomyo défend la proposition le loi sur le Référendum et plaide pour une souveraineté populaire effective

Politique
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Le débat parlementaire autour de la proposition de loi portant organisation du référendum en République Démocratique du Congo continue de polariser la classe politique et l’opinion publique. Alors que des voix critiques, dont celle du Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, mettent en garde contre l’opportunité de l’initiative, le député national Alfred Dibandi Nzondomyo, élu de Libenge, en assume la défense.

Pour lui, ce texte constitue un rempart démocratique et non une menace. Réagissant aux réserves exprimées par le Dr Denis Mukwege, l’élu de Libenge affiche un respect sincère pour le parcours du Prix Nobel, tout en marquant une divergence d’analyse sur le fond. « Si je respecte profondément le parcours et la contribution du docteur Denis Mukwege au rayonnement de la République Démocratique du Congo, je ne partage pas son appréciation sur cette question », a-t-il déclaré.

Pour Alfred Dibandi, la véritable mise en danger de la démocratie ne vient pas du référendum, mais de l’impossibilité faite au peuple de se prononcer directement sur les questions qui engagent l’avenir de la Nation. Il considère le référendum comme « l’un des mécanismes les plus légitimes de l’exercice direct de la souveraineté populaire ».

Le député démonte l’argument de l’instabilité institutionnelle. Selon lui, la proposition de loi examinée à l’Assemblée Nationale n’institue rien de nouveau. Elle vise à encadrer légalement une procédure déjà prévue par la Constitution.« Notre Constitution consacre le principe selon lequel la souveraineté appartient au peuple et à lui seul. Elle prévoit explicitement, en son article 5, le recours au référendum comme mode d’expression de cette souveraineté.

Le Parlement a donc le devoir constitutionnel de doter cette disposition d’un cadre d’application », a-t-il expliqué.Alfred Dibandi rappelle la mission première des députés : débattre et légiférer. Il estime paradoxal d’inviter les citoyens à interpeller leurs élus tout en leur déniant le droit d’examiner librement un texte relevant de leurs prérogatives.« Il est légitime que la société civile et les personnalités publiques fassent entendre leur voix.

Mais il serait tout aussi légitime que les représentants du peuple exercent pleinement leur mandat sans être sommés d’interrompre le débat parlementaire », a-t-il fait valoir.

Il interpelle ensuite : « Que devient le principe du suffrage universel si l’on empêche les élus de débattre ? Que devient la représentation nationale si la voix des citoyens est muselée avant même d’être entendue ? »

Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et institutionnels, l’élu de Libenge voit dans le référendum un levier de renforcement démocratique. Loin d’être un danger, la consultation directe du peuple sur les enjeux d’intérêt national renforcerait, selon lui, la légitimité des décisions publiques et accroîtrait la participation citoyenne.« Les grandes démocraties se bâtissent sur l’écoute de la volonté populaire et sur le respect du principe fondamental selon lequel toute autorité émane du peuple », a-t-il rappelé.

En guise de conclusion, Alfred Dibandi Nzondomyo inscrit le débat actuel dans l’histoire : « L’histoire retiendra que l’Assemblée nationale a eu le courage d’assumer son rôle constitutionnel. Non pas pour imposer une opinion, mais pour garantir le débat. Non pas pour confisquer la parole du peuple, mais pour lui donner les moyens institutionnels de s’exprimer. »Un plaidoyer qui positionne le référendum non comme une rupture, mais comme l’accomplissement d’un principe fondateur de la République.

Ezéchiel BINGOMBI ✍️✍️✍️

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