L’état de la Route Nationale N°6 reliant Libenge – Zongo – Gemena est aujourd’hui plus qu’alarmant. Jadis axe vital pour le désenclavement du Sud-Ubangi et du Nord-Ubangi, cette route d’intérêt national est aujourd’hui totalement coupée, livrant les populations à une misère indescriptible.

Depuis plusieurs semaines, les pluies diluviennes qui s’abattent presque quotidiennement sur la région ont rendu la route totalement impraticable. Le point le plus critique se situe au niveau de la rivière MOMBONGA, dont le débordement a littéralement englouti la chaussée.

Conséquence : aucun véhicule ne passe. Les marchandises ne circulent plus. Le prix des produits de première nécessité explose à Libenge, Zongo et Gemena. Les malades ne savent plus comment atteindre les hôpitaux.
Sur place, notre investigation révèle une situation révoltante. Le débordement de la Mombonga est devenu une Activité Génératrice de Revenus (AGR) pour certains jeunes du coin.

Pour traverser cette rivière devenue un océan de boue, il faut payer. Pas de pont, pas de bac organisé par l’État. Juste des pirogues de fortune et des jeunes qui exigent de l’argent à chaque passager.
« Si tu n’as pas d’argent, tu ne traverses pas. Même avec un malade sur le dos », témoigne un habitant de Zongo rencontré sur les lieux.
Les plus démunis sont contraints de faire demi-tour, au péril de leur vie.

La communauté du sud-ubangi, lance un cri d’alarme aux autorités compétentes :
Au Gouvernement Central;
Au Ministère des Infrastructures et Travaux Publics;
Au Gouverneur du Sud-Ubangi et du Nord-Ubangi;
À l’Office des Routes.
Si rien n’est fait d’urgence, c’est la mort programmée de toute une économie locale. Cette route est le poumon de plus de 3 millions d’habitants. L’abandonner, c’est condamner tout un peuple.
La population ne demande pas la lune. Elle demande une route. Elle demande un pont sur la Mombonga. Elle demande la dignité.
Le temps des promesses est révolu. Place à l’action.
Ezéchiel BINGOMBI
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Correspondant média actualités à LIBENGE
