Prix Émilie-Flore Faignond 26 : Steve Aganze rafle le premier prix avec son tout premier roman Bahari Bora

Culture
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La proclamation du Prix Émilie-Flore Faignond, édition 2026, a eu lieu le dimanche 4 octobre, de 14 heures à 18 heures à Kinshasa. Comme d’habitude, une cérémonie identique s’est également déroulée presque au même moment à Bruxelles.

Si dans la capitale belge, cette rencontre avait eu pour cadre la Maison du Peuple, Parvis de Saint-Gilles 37, à 1060 Bruxelles, de 15 heures à 18 heures, dans la capitale congolaise, après un petit flottement, l’Espace culturel VIK, sis au n° 1 de l’avenue Mont des Arts, à la limite entre les communes de la Gombe et de Lingwala, a finalement été retenu en lieu et place du restaurant Jecolia, initialement envisagé.

Les prolégomènes

La modération de cette cérémonie a été assurée par Tiguy Elebe Montigiya, écrivain et influenceur littéraire de renom, qui a assumé cette responsabilité avec son panache et sa gouaille habituels.

L’artiste Christian Mualu, le maître des céans, a pris en premier lieu la parole pour expliquer aux invités le cahier des charges de son lieu essentiellement dédié à la promotion de la culture.

Puis vint le slameur Benjamin Massiya, avec son collectif Tétra, qui a offert une formidable performance au public, accompagné d’une chanteuse classique à la voix envoûtante. Il fallait vraiment entendre Itachi, en slam, dire avec émotion, dérision et circonspection des mots qui chamboulent les méninges.

Marcel Mulumba : « Un pays révèle aussi sa qualité par sa culture »

Le mot d’ouverture a été prononcé par l’ambassadeur honoraire Marcel Mulumba, qui soutient le Collectif Bookutani dans la réalisation du Prix Émilie-Flore Faignond depuis sa deuxième édition.

Tout en encourageant ce mouvement littéraire et ses « Amazones », c’est-à-dire ses cofondatrices, à persister dans leur souci de soutenir la jeune littérature congolaise, il a rappelé qu’un pays révèle également sa qualité par sa culture, et notamment par le travail de ses écrivains. Ainsi avait-il félicité les nominés ainsi que toutes celles et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, œuvrent à la pérennisation du Prix Émilie-Flore Faignond.

La parole a ensuite été donnée à Mme Andrea Moloto, ancienne lauréate coup de cœur du PEFF 22, qui a envoyé un message de soutien aux nominés.
Pour cette romancière, être nominé au Prix Émilie-Flore Faignond constitue déjà une grande reconnaissance de la plume d’un auteur.
« Félicitations à tous les auteurs retenus. Que la littérature vous porte plus loin », a conclu celle que la littérature vient, depuis trois mois, de porter jusqu’aux confins des accordailles.

Les onze auteurs nominés

Qui sont donc ces auteurs auxquels Mme Andrea Moloto avait fait allusion ? Les voici :

  1. Jonathan Elenga, avec La Valse des tabous;
  2. Alexis Kant, auteur de J’ai épousé une religieuse, tome 2;
  3. N’anza Tata, avec J’enverrai à Dieu tous les coupables;
  4. Bob Sinidje, avec La Bague d’Abel;
  5. Frédérick Aganze, auteur de Ferd’Armor, de Mes pleurs dans l’ombre;
  6. Noella Katham, avec Ajabu;
  7. Rufus Mata Baluividi, auteur de Milelo, la femme du célibataire;
  8. Sam Zola, auteur de la Nuit qui dura une éternité;
  9. Steve Aganze, auteur de Bahari Bora;
  10. Myra Dunoyer Vahighene, avec Ceux qu’on ne sauvera pas;
  11. Ketshia Mavinga, autrice de Des histoires rencontrées à raconter,

Les extraits de ces onze bouquins ont été tour à tour lus, en trois bouquets séquentiels, par la grande journaliste Pauline Kabangu, Mme Noella Tsita, Mme Brigitte Inongo, l’écriturienne Elodie Ngalaka, la romancière Andrea Moloto, le nouvelliste Marc Kanyinda et le « poète de la République » Hervé Ngoma. Joël Matondo et ses pairs du Collectif Les Inattendus avaient bouclé la boucle.

Le poduim du PEFF 26

En synchronisation avec la manifestation organisée à Bruxelles, Mme Sylvie Tshibassu Zamundu, coordinatrice de Bookutani-RDC et présidente du comité de lecture de Kinshasa, avait demandé à Mme Pierrette Bemba Mbombo Mukadi, Directrice à la DGDA, en charge de la Brigade et de la lutte contre la fraude, Présidente de la Fondation Pierrette Bemba Mbombo Saolona, l’invitée d’honneur de cette édition, de procéder à la proclamation des résultats.

Pour cette édition, le coup de cœur du jury est allé à La Bague d’Abel, de Bob Sinidje, tandis que l’hommage du comité de lecture a été rendu à N’anza Tata, auteur de J’enverrai à Dieu tous les coupables, pour l’ensemble de tous ses projets littéraires.
« À tout seigneur, tout honneur », la palme d’or du Prix Émilie-Flore Faignond 2026 a été remise à Steve Aganze, pour son percutant roman titré Bahari Bora.

Après avoir révélé les résultats au public, Mme Pierrette Bemba Mbombo Mukadi a félicité les gagnants, tout comme l’ensemble des compétiteurs. Elle a également exhorté les jeunes à s’adonner à l’écriture, quels que soient les écueils susceptibles de se dresser sur leur chemin. Car c’est dans sa littérature qu’on découvre la culture d’un peuple.

Avant la remise du trophée offert au lauréat par la marraine de l’événement, l’écrivaine franco-belgo-congolaise Émilie-Flore Faignond, son fils Lionel Héritier Apenela a expliqué à l’assistance le contenu de cette œuvre d’art, qui allie fonctionnalité et esthéticité, dont il est le concepteur.

En conséquence, l’heureux gagnant a également dit à l’assistance ses sentiments par rapport au prix qu’il vient de recevoir, qui est en fait le deuxième lui décerné depuis la sortie de son roman Bahari Bora aux éditions Récamier en France en 2025. « Coup d’essai, coup de maître », comme on dit.

Littérature, slam, théâtre et peinture au rendez-vous

La manifestation s’est poursuivie avec la lecture d’extraits des ouvrages nominés et plusieurs performances artistiques.
Winnart Nsangu a notamment assuré une performance de dessin, et de peinture, tandis que le Collectif Les Inattendus a proposé une prestation théâtrale portée par le merveilleux soubassement vocal d’Hindrick Luzolo.

Le Comité de lecture

Avant la clôture de la cérémonie, le modérateur avait annoncé la présentation au public de la structure ayant évalué les différentes œuvres sélectionnées. Aussitôt, Mme Sylvie Tshibassu Zamundu procédé à la présentation du comité de lecture de Kinshasa. Outre elle-même, celui-ci était composé de Mmes Amena Shako, Leila et Patricia Mandrandele, ainsi que de M. Jean-Paul Brigode ILOPI Bokanga.

Du côté de la Belgique, ledit comité a bénéficié des apports de Mmes Fabienne Zutterman, Aurélie Mboti Banzene et Martine Bourgeois Dantas Pereira, ainsi que de MM. Elvis Tambua Mampuele et Roméo Matsas, a précisé Mme Elodie Ngalaka, la directrice du PEEF.
Cette dernière se positionne, quant à elle, comme un « électron libre », susceptible d’intervenir comme suppléante, tout en assurant la gestion du comité du jury restreint.

En effet, après les différentes évaluations des membres du comité de lecture, un jury restreint était mis en place pour départager les œuvres nominées. Pour cette édition, cette structure était composée de quatre membres de l’équipe directionnelle, en l’occurrence — Mmes Elodie Ngalaka, Sylvie Tshibassu, Martine Bourgeois et Shasha — ainsi que des deux référents des comités de lecture : Aurélie Mboti Bozene pour Bruxelles et Jean-Paul ILOPI Bokanga pour Kinshasa.
Pour l’attribution éventuelle des prix secondaires, le jury a également bénéficié, à titre consultatif, de l’avis de deux anciens lauréats : Elvis Ntambua Mampuele, lauréat 2022, et Marc Kanyinda, lauréat 2024.

S’adressant à l’assistance, Jean-Paul Brigode ILOPI Bokanga, le doyen du Comité de lecture, poète, écrivain, journaliste et critique littéraire de son état, a tenu à assurer le public sur le fait que les résultats proclamés par les organisateurs du PEFF étaient à 100 % proches de la réalité, le tamisage ayant été très profond et laborieux.

Pour casser tous les verrous de sécurité placés sur le chemin de la victoire et passer d’un nominé à un nommé, il fallait avoir les atouts voulus. Toutefois, il a rassuré les uns et les autres sur le fait que ceux qui ne sont pas montés au podium n’ont pas démérité, car, à quelques exceptions près, la lutte avait été très âpre, eu égard à la qualité, dans la forme comme dans le fond, des œuvres sélectionnées.
À ses yeux, tous les nominés sont de grands vainqueurs de cette édition, le gagnant n’étant finalement que « un premier parmi les égaux ».

Cîmpé Organic, Lakito et la librairie mobile LAESH pour clôturer la fête.

Pour terminer cette grande fête littéraire en beauté, un grand partenaire du mouvement littéraire Bookutani et du Prix Émilie-Flore Faignond a été présenté au public. Il s’agit de M. Jean-Guy Tshibassu Mubiay, l’inventeur de Cîmpé Organic, une liqueur congolaise élaborée à base de gingembre et de plantes locales.
Dans la foulée, l’organisation de cet événement, qui s’accomplit chaque deux ans, a bénéficié d’un partenariat efficace avec M. Christian Usseni Bahati, concepteur et créateur du vin de miel LAKITO.

Grâce à la librairie mobile LAESH, organisée par « l’écrivain maudit » Christian Gombo, les amoureux des belles-lettres ont également pu se procurer les ouvrages dont ils avaient entendu vanter les mérites au fil des différentes interventions.

Après des moments palpitants, où le suspense et l’émotion étaient au rendez-vous, quoi de plus normal que de se rafraîchir la gorge et de se mettre quelque chose sous la dent !
Ainsi s’est achevée cette édition 2026 du Prix Émilie-Flore Faignond, entre en-cas, performances artistiques et célébration de la jeune créativité littéraire congolaise.

Jean-Paul ILOPI Bokanga / Directeur de rédaction

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