Il y a quelques jours, Jean Adolphe Voto, le DGA de la Radio Télévision Nationale Congolaise, a été honoré par le Comité exécutif du Sacre de l’immortel. Nonobstant ses multiples casquettes — journaliste, enseignant, réalisateur, gestionnaire d’une entreprise médiatique publique — c’est surtout en tant que cinéaste que le nouveau lauréat a reçu cette distinction.

À titre de rappel, Jean Adolphe Voto a réalisé deux films documentaires notables, notamment :
- L’Ombre des Oubliés, film sorti en 2016, qui met en lumière l’histoire des anciens combattants congolais durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été présenté en avant-première à l’Institut Français de Kinshasa le 13 novembre 2019.
Ce film de 52 minutes se concentre sur les récits de deux caporaux, dont Albert Kunyuku, qui partagent leurs expériences militaires, quant à leurs recrutements, leurs formations, leurs expéditions en Birmanie, leurs retours au pays, ainsi que l’après-guerre, sans oublier les moments forts de ce conflit mondial.
- Mon Caporal : le second documentaire réalisé par José-Adolphe Voto a été projeté en avant-première devant les parlementaires belges à Bruxelles le 9 novembre 2022, toujours avec le caporal Albert Kunyuku comme protagoniste principal.
Ledit film raconte l’histoire de la Force Publique, en mettant en avant la contribution économique et militaire du Congo belge à la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale.
D’après le commentateur précité, ce film documentaire poursuit l’histoire de ce caporal Kunyuku, en insistant sur la contribution de la Force Publique congolaise à l’effort de guerre des Alliés. Les vénérables vétérans de la Force Publique ont reçu des distinctions honorifiques, ainsi que des hommages du Roi Philippe de la Belgique et ceux du Président Poutine de la Russie.
Profitant donc du 10ᵉ anniversaire de la sortie officielle de L’Ombre des Oubliés, le Comité exécutif du Sacre de l’immortel a saisi la balle au bond afin de briser le silence inquiétant qui entoure ce travail bien élaboré, dans le chef des Congolais eux-mêmes, avait expliqué le poète Séraphin Ntsha Otshudi, l’initiateur de ce projet.
Selon ce dernier, l’attribution de ce sacre est une façon pour cette structure d’honorer l’élogieuse carrière cinématographique du récipiendaire, et aussi, de rendre un vibrant hommage à son génie artistique. Paraphrasant Henri Boucher, le secrétaire permanent du comité exécutif du sacre a dit à Jean Adolphe Voto : « La flatterie est infâme, elle ment et mendie. La louange est auguste, elle dit vrai ». Quant à Albert Schweitzer, ce dernier affirme que « l’expression de la gratitude a trois stations : l’amour dans le cœur, la louange sur la langue et la récompense par l’action ».
Au vu de vos exploits dans l’affirmation de la vérité en rapport avec la contribution de nos vaillants anciens combattants à l’effort de guerre lors de la seconde hécatombe mondiale, nous avons compris qu’il sied d’exalter la somme de vos actions, à travers vos œuvres intemporelles, et d’encenser votre notoriété scientifique et artistique avérée, en vous décernant cette prestigieuse distinction culturelle : « Le Sacre de l’Immortel », avec bien entendu la bénédiction du comité exécutif dudit Sacre.
Pour lui et tous ses semblables, le tableau enjolivé d’une truculente poésie en vers libres et à la consonance accrocheuse est un véritable hymne à l’artiste, dont l’attribution est loin d’être un couronnement figé, mais plutôt un encouragement à aller toujours plus loin, plus haut et plus fort dans l’engagement culturel et dans le service rendu à la nation congolaise à travers le créneau artistique.
Au demeurant, un travail aussi splendide mérite de susciter le regard bienveillant des autorités politico-militaires congolaises, notamment celui particulier de Son Excellence Eliezer Ntambwe, ministre délégué à la Défense nationale chargé des anciens combattants, afin de faire connaître à la multitude un aspect souvent méconnu de notre histoire combattante. Chapeau bas, fleurs et lettres de noblesse à ce virtuose du 7ᵉ art, atteste Don de Lomela.
Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de rédaction.
