Le réseau fluvial et lacustre national constitue l’une des richesses les plus précieuses et les plus directement profitables aux populations congolaises. Chaque jour, des milliers de personnes l’empruntent pour se déplacer ou acheminer des marchandises, à des coûts généralement bien plus accessibles que ceux des autres modes de transport.
Le revers de cette médaille demeure préoccupant

L’insuffisance du balisage expose les usagers des voies navigables à de nombreux dangers. Les naufrages de baleinières et d’autres embarcations, parfois accompagnés de lourdes pertes en vies humaines, rappellent régulièrement l’urgence de la sécurisation de ce vaste réseau hydrographique.C’est précisément l’une des préoccupations régulièrement soulevées par les dirigeants de l’UCAB à travers notre tabloïd : la nécessité de remettre véritablement en marche les unités de la Régie des voies fluviales (RVF), afin d’assurer un balisage régulier, efficace et approprié du fleuve Congo et de ses principaux affluents.Aujourd’hui encore, pour franchir certaines passes délicates de plusieurs cours d’eau, les propriétaires de péniches, de baleinières et d’autres embarcations sont contraints de recourir à des intermédiaires communément appelés « éclaireurs ». Ces derniers connaissent les méandres du fleuve et de ses affluents, les hauts-fonds et les passages difficiles et guident les navigateurs afin de leur éviter de se heurter aux nombreux écueils qui jalonnent certaines voies navigables. *Une nouvelle étape dans la sécurisation de la navigation* Le mardi 25 août 2026 a augure une nouvelle étape dans la modernisation du transport fluvial et lacustre en République démocratique du Congo.
Au port de l’ONATRA, à Kinshasa, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a officiellement donné le coup d’envoi des travaux de balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï.Cette opération s’inscrit dans la volonté affichée du Chef de l’État d’améliorer l’accès aux services sociaux de base et la qualité des services publics. Elle vise notamment à renforcer la sécurité de la navigation et à faciliter la circulation des personnes et des marchandises sur les principales voies navigables du pays.À l’issue du défilé nautique, le Président de la République a remis aux commandants des baliseurs l’« ordre de marche » autorisant le démarrage effectif des opérations.Le balisage devrait permettre de mieux signaler aux embarcations qui sillonnent ces vastes « boulevards aquatiques » les dangers susceptibles de se trouver sur leur parcours : tourbillons, récifs, bancs de sable, îlots immergés, hauts-fonds et autres obstacles pouvant compromettre la sécurité de la navigation.
L’objectif est également d’identifier les zones à risque, d’améliorer la connaissance des chenaux navigables et de contribuer à une circulation plus fluide et plus sûre sur ces deux importants axes fluviaux.
Redonner au transport fluvial sa place dans l’économie nationale
Selon le Vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba Gombo, l’ambition du Gouvernement est de redonner au transport fluvial toute sa place dans le développement économique et social de la République démocratique du Congo, en garantissant une mobilité plus fluide et sécurisée sur l’ensemble du réseau hydrographique national.
La cérémonie a également été marquée par la remise au Gouvernement congolais d’une baleinière métallique ainsi que d’une drague multifonctions à la Régie des voies fluviales.
Ces équipements devraient contribuer à renforcer les moyens techniques consacrés à l’entretien et à l’exploitation du réseau fluvial et lacustre.
L’UCAB encourage la poursuite de l’effort
À travers le lancement de ces travaux, les autorités congolaises entendent améliorer la navigabilité du fleuve Congo et de la rivière Kasaï, deux axes essentiels pour la mobilité des personnes et l’acheminement des biens à travers le pays.L’UCAB salue donc cet effort du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que du Vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba Gombo, pour tenter de changer la donne dans un secteur qui constitue l’une des grandes passerelles entre le pouvoir central et le Congo profond.Car le transport fluvial demeure, pour une grande partie de la population, bien davantage qu’un simple moyen de déplacement : il est une véritable artère économique, un instrument de désenclavement et un lien vital entre les communautés riveraines et les grands centres urbains.
L’UCAB souhaite dès lors que cette dynamique ne s’arrête pas en si bon chemin. Elle devrait également s’étendre aux autres cours d’eau connaissant un trafic important, notamment la Mfimi, la Lukenie, le Kwilu et bien d’autres rivières qui irriguent le territoire national.Le véritable enjeu est de parvenir, à terme, à transformer le réseau hydrographique congolais en un puissant levier de mobilité, de désenclavement et de développement économique, au bénéfice des populations riveraines et de l’ensemble de la République démocratique du Congo.
Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de la Rédaction
