
A l’occasion d’une rencontre avec les professionnels des médias, qui a eu lieu récemment, dans son cabinet de travail, à Kinshasa-Gombe, M. Alexis Mutanda Ngoyi-Muana, une figure emblématique de l’UDPS /Tshisekedi, s’était exprimé sur le bras de fer entre une grande frange de militants, à divers niveaux de responsabilité et de notoriété, et l’actuel Secrétaire Général de l’UDPS. Pour ceux qui ne se le rappellent plus, ce grand battant figure dans la liste de ceux qui ont soutenu avec dignité, ardeur et loyauté le parti cher à Étienne Tshisekedi d’heureuse mémoire, quand celui-ci était envoyé aux gémonies.
En fait, c’était lui qui avait mis la main dans la poche pour pourvoir à son organisation politique son tout premier siège, à Kinshasa-Limete, condition absolue pour éviter la radiation programmée de l’UDPS par le camp du pouvoir. Car un décret du ministère de l’intérieur avait allégué que tout parti n’ayant un siège connu devrait être radié. Mais pris à contre-poil par des bougons et autres scrogneugneux lors du décès d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba d’heureuse mémoire, à cause de son charisme légendaire, son savoir-faire et son faire-savoir, qui semblaient leur faire ombrage, il s’était un peu mis à l’écart de la gestion courante de cet ancien parti d’opposition, aujourd’hui au pouvoir, en vue de faire, à travers ADAM, un travail de titan pour la conversion des moeurs sociopolitiques de la population congolaise, en vue d’y opérer un changement des mentalités et d’amener celle-ci à appréhender le mieux possible les conditions sine qua non pour aboutir à un état de droit et au progrès social.
Voilà que cet ingénieur polytechnicien, un de plus racés hommes politiques que la RDC a connu dans la mouvance de l’opposition, vient de rompre le silence, au motif de donner son point de vue sur la crise qui vient de secouer le parti politique pour lequel il s’est sacrifié toute sa vie, depuis son surgissement en 1983.
« En tant que militants de première heure, moi et tant d’autres combattants de la liberté et de l’état de droit, avons beaucoup œuvré, en prenant parfois des risques incommensurables, pour faire de cette organisation politique un grand parti démocratique; je ne pouvais donc pas rester indifférent à cette guéguerre désastreuse qui mine notre très cher parti, avait-il assuré avec humilité et aménité aux hommes de presse.

Que reproche-t-on alors à l’incriminé ?
A en croire les propos relayés dans les réseaux sociaux et tabloïds, les frondeurs et autres manifestants lambdas, à la tête desquels se trouve Eteni Longondo, l’ancien ministre de la santé, ainsi que des hauts cadres du parti, Augustin Kabuya Tshilumba Tala Tala serait accusé de :
– Sorties médiatiques désastreuses, inopportunes, turbulentes et unilatérales, pour distiller sur la place publique une vision n’ayant rien à voir avec l’idéal du parti;
– mauvaise gestion, de l’autocratie ringarde, de l’autoritarisme débordant, de corruption et de clientélisme, bref, de tous les 7 péchés capitaux.
Devant un constat aussi périlleux, vouloir à tout prix s’accrocher au poste de Secrétaire Général du parti, à l’encontre de la volonté de la base, est une perspective qui n’a pas d’odeur de sainteté. Car, il faut savoir quitter les choses avant que celles-ci ne vous quittent ! Surtout lorsqu’on a fait son temps, et qu’il devient impératif de céder la place à la « Relève », pour instiguer à la dynamique du parti au pouvoir une autre dose de responsabilité. Se constituer en rempart devant le « Peuple d’abord » n’est pas une orientation très démocratique, avait attesté M. Alexis Mutanda.
Ainsi, le Secrétaire Général honoraire de l’UDPS s’etait dit choqué de voir son actuel successeur s’accrocher à son poste, en dépit de son désaccord avec une grande frange de la base militante. Pour ce, il avait conseillé au patron du parti basé à la 12eme rue Limete d’éviter cet affrontement inutile, lui que les dernières élections ont offert la chance de briguer avec succès un poste au Sénat et un autre à l’Assemblée Nationale.
L’honorable Alexis Mutanda dit avoir connu une situation similaire quand il était aux affaires, en qualité de Secrétaire Général de l’UDPS. En effet, lorsque le Président national Etienne Tshisekedi Wa Mulumba était une fois parti aux soins médicaux en Europe, il avait fait tout son possible pour que le parti puisse rester droit dans ses bottes, en dépit des coups de Jarnac du régime de l’époque. Toutefois, il avait profité de l’occasion pour entamer l’organisation du premier congrès de l’UDPS. De retour au pays, le Lider Maximo s’était montré très convivial vis-à-vis dudit congrès, qui l’avait au finish confirmé, non seulement comme président de l’UDPS, mais également comme le candidat de ce parti à la magistrature suprême de la RDC, pour les élections de 2011. Cependant, lorsque le président Tshisekedi lui avait aussitôt après le congrès demandé de quitter le secrétariat général pour s’occuper principalement des élections de 2011, il avait aussitôt obtempéré.
A l’heure où la République Démocratique du Congo se trouve confrontée à moult vicissitudes sécuritaires, sociopolitique, et humanitaires, Alexis Mutanda a recommandé au parti au pouvoir d’avoir ses deux pieds sur terre, pour faire face à ces multiples challenges, qui nécessitent une communion entre la base et le chef de l’État. Mais que voit-on ? Des cadres qui, au lieu de réorganiser le parti en vue de le rapprocher du pouvoir, se mettent en lice pour conquérir à leur seul profit le plus d’espace possible dans la sphère dudit pouvoir.
« Nous n’avons pas le droit de désemparer le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, un avatar de notre Lider Maximo; car au delà du fait qu’il soit le fils biologique du très regretté Dr Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, il est surtout une émanation de notre parti historique, eu égard au fait qu’il se soit impliqué très jeune dans son rouage, jusqu’à devenir son président, avant d’être élu comme le premier citoyen de la république. Il est de notre devoir de l’aider au maximum à être en mesure de faire valablement face aux défis qui se présentent à lui comme une pieuvre à plusieurs tentacules ! Dans cette rude bataille, il faut qu’il puisse être accompagné par une plateforme politique solide, mise sous la houlette de l’UDPS. Plutôt que de le distraire, voire de l’ enquiquiner avec nos querelles byzantines, il faut mutualiser toutes nos énergies pour garder intacte la quintessence idéologique de l’UDPS, que certains arrivistes cherchent à édulcorer, pour besoin de la cause, avait recommandé ce tribun.
Étant un grand parti, qui est depuis plus de 40 ans dans la lutte politique, il est inadmissible, surtout pour tous ceux qui sont montés au créneau pour contrer la dictature, d’en faire un repaire de comportements qui n’honore pas la mémoire de notre défunt idéologue et mentor. Il faut à tout prix que les cadres de l’UDPS puissent être forgés dans les vertus démocratiques, qui veulent tout simplement dire qu’il faut tenir compte des avis, non seulement des membres du parti en général, mais aussi de tous ceux qui sont susceptibles de donner une orientation idoine à la marche du pays.
« Tout le monde sait que le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi est un produit pur sang de l’UDPS. Il va de soi que toutes les turpitudes au sein de son parti éclaboussent ipso facto son honneur et sa dignité, même si la Constitution le met au dessus de la mêlée. Il appartient donc au parti d’avoir les deux pieds sur terre, en vue d’être son bouclier, et non le contraire, avait conclu le très sage ancien secrétaire général de l’UDPS.
Il faut ne faut pas perdre de vue que le courant réformateur qui a houspillé la gestion actuelle du parti par son secrétaire général Augustin Kabuya appelle de tous ses voeux à la convocation du Congrès, en vue de préparer les échéances électorales de 2028, une idée appuyée par beaucoup de ceux qui veulent voir ce parti porter haut levée la vision du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui tient à amener le pays de Kimbangu et de Lumumba vers l’état des droits et le bien être social.
Outre ce patriarche gros gabarit, plusieurs voix au sein de l’UDPS se sont élevées pour demander à Augustin Kabuya de plier bagage, afin d’apaiser les tensions au sein du parti. Aux dernières nouvelles, il semblerait que sous la médiation de Maman Marthe Kasalu, la veuve Étienne Tshisekedi, l’honorable Augustin Kabuya Tshilumba Tala Tala aurait accepté d’entendre raison, en démissionnant du poste du Secrétaire Général de l’UDPS. Wait and see, comme le diraient les sujets de Sa Majesté Britannique.
Jean-Paul Brigode ILOPI Bokanga / Rédacteur en chef.