Mise en place de la ZES de Maluku: une étude approfondie d’Alain Lungungu Kisoso livre le secret de la réussite de ce grand projet

Économie
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Nous sommes le 02 septembre 2023. Le Président de la République, Félix Tshisekedi, lance la production industrielle dans la zone économique spéciale de Maluku en inaugurant la première usine de carreaux et faïences made in Congo, du groupe Saphir Ceramics, générant ainsi 6 mille emplois directs.

Le Chef de l’Etat va revenir quelques mois plus tard, soit le 31 Août 2024, cette fois-ci pour inaugurer une autre usine, une première en RDC, celle de la production du Pepsi du pays, Varum Beverages RDC SAS. Cette dernière compte investir 100 millions de dollars au cours des 3 prochaines années.

Les deux entreprises vendent une image prometteuse du site pilote de Maluku qui attire aujourd’hui d’autres investisseurs.

A en croire l’Agence des zones économiques spéciales, six autres entreprises sont agréées et d’autres en gestation sans compter des milliers d’emplois créés. Un tableau reluisant certes, mais qui cache cependant certaines faiblesses.

L’étude qui en dit long

Une étude menée par Alain Lungungu Kisoso, économiste et expert en finances publiques, scrute la portée effective des ZES en RDC à partir du cas pilote de Maluku. Le cadre d’analyse mobilise une architecture quintuple : juridique, fiscale, foncière, infrastructurelle et régulatoire.D’après cette étude publiée dans les cahiers économiques et sociaux de l’IRES à la Faculté des Sciences Economique et de Gestion de l’Université de Kinshasa où l’auteur est Chef de travaux, l’idée n’est pas d’examiner ces cinq piliers séparément, mais de les voir comme les pièces d’un même moteur où chaque élément conditionne la réussite de l’ensemble.Étant lui-même sur tous les fronts dès la conception à la matérialisation de ce projet, en tant que coordonnateur de la Cellule d’Exécution de Financement des Etats Fragiles (CFEF), cellule qu’il a géré avec une rigueur hors pair. Alain Lungungu n’a ménagé aucun effort pour dresser un diagnostic précis en identifiant les piliers tirant le projet vers le haut et ceux qui freinent sa progression.

Les piliers de l’étude

Cette vision d’ensemble s’accorde entre autres avec la vision de la Banque mondiale qui souligne qu’une zone économique réussit grâce à une cohérence globale.

En analysant le premier pilier, – juridique -, les textes disponibles permettent d’affirmer que le site bénéficie d’un environnement normatif plus lisible que le droit commun. Le régime des ZES tel qu’il est encadré par la RDC offre un cadre dérogatoire identifiable et une stabilité relative des règles. On assiste ici à une véritable volonté de construire un environnement sécurisé et prévisible pour les acteurs économiques.

Le deuxième pilier, fiscal, est solidement établi à Maluku. Le Décret n° 20/004 du 5 mars 2020 combine trois leviers complémentaires : une exonération totale de l’impôt sur les bénéfices et profits ainsi que des impôts foncier et mobilier, une franchise douanière intégrale sur les machines, équipements et matières premières importés et des allègements parafiscaux sur les taxes des organismes publics.

Quant au pilier lié à la sécurisation foncière, le Décret n° 12/021 du 16 juillet 2012 délimite une emprise totale de 244 hectares dont 211 hectares mobilisés en phase pilote, et lui confère une vocation de pôle de croissance pour la zone ouest et le plan d’action de réinstallation achevé en octobre 2021, qui a indemnisé 188 personnes affectées pour 3,8 millions de dollars. Cette transformation du terrain autrefois source de conflits sociaux en un terrain formellement sécurisé offrira aux investisseurs un haut niveau de protection juridique.

En ce qui concerne le pilier infrastructurel, l’Etat congolais s’est engagé en mettant des gros moyens à la disposition des investisseurs. Tenez, il a installé un poste Snel de 100 MVA, il a construit un quai fluvial de 300 m sur le fleuve sans compter le raccordement à la route nationale nº1 et la mise en place d’un système autonome d’adduction d’eau et d’assainissement industriel.Malgré la dotation du poste Snel, la fourniture en énergie électrique est restée défectueuse. Il ressort qu’à Maluku, les coupures intempestives atteignent en moyenne 90 heures par mois, faute d’un réseau électrique stable, soit 18 à 30 fois plus que les normes africaines actuelles.L’irrégularité énergétique demeure donc le principal obstacle à la performance.

Le remède

Pour ce faire, l’auteur de l’étude propose une piste de solution. Pour Alain Lungungu, des solutions communes sont nécessaires afin d’améliorer la fiabilité globale de l’approvisionnement en électricité. Ces solutions pourraient inclure le prolongement de la ligne de transport d’inga existante, le renforcement des capacités de production d’électricité et la conclusion d’un contrat de service avec la Snel pour garantir un approvisionnement en électricité suffisant et constant. L’infrastructure est le facteur déterminant de la performance globale

Les potentialités de la ZES

La ZES de Maluku présente un potentiel considérable en termes de capitaux liquides. Toutefois, la viabilité de ces investissements dépend de la mise en place par l’Etat d’une politique éprouvée de souveraineté énergétique et logistique. Une fois ces critères fondamentaux réussis, le potentiel théorique du site se concrétisera en un succès industriel tangible.

Enfin, le pilier régulatoire concerne la gouvernance de la zone, l’efficacité administrative de son fonctionnement et la répartition effective des bénéfices qu’elle génère aux PME locales de la région environnante.

Il convient de noter que l’implication du Chef de travaux Alain Lungungu Kisoso dans la mise en œuvre de la zone économique spéciale lui a valu deux trophées. Le trophée Tombwama, pour ses réalisations dans le programme PDL -145T et le trophée Builder décerné par l’AZES pour son implication dans la conception et la mise en oeuvre de la Zes pilote de maluku.c’etait lors de la commémoration des dix ans d’existence de la ZES.

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