
Après avoir mobilisé les esprits à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, autour de la vision du chef de l’État et des enjeux sécuritaires en RDC, la vice-ministre de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation, Eugénie Tshiela Kamba, a pris la route des territoires enclavés de Luiza et Kazumba.
Ce déplacement à haut risque, marqué par de nombreux obstacles logistiques, s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement de renforcer sa présence dans cette partie du pays, menacée de basculer en « no man’s land » en l’absence d’une autorité étatique effective.
Sur le terrain, la mission de la vice-ministre se déploie dans un contexte caractérisé par des conflits fonciers persistants et des rivalités claniques.

À Bilomba, dans le territoire de Kazumba et Kabambayi dans celui de Luiza, sur l’axe stratégique reliant Kazumba à Luiza, Eugénie Tshiela Kamba a tenu un discours ferme à l’endroit des populations locales, en leur rappelant que l’autorité de l’État s’impose à tous, sans compromis ni compromission, appelant ainsi à la fin des conflits de terre et de pouvoir qui fragilisent la cohésion sociale.

« Nous ne voulons plus entendre qu’il y a encore des problèmes de conflits de terre et de pouvoir ici et là. Car, nous avons un chef de l’État qui veut la paix, son pouvoir n’ayant pas été acquis par le sang », a-t-elle déclaré, exhortant les populations à tourner la page d’un passé marqué par les violences.

Selon Stéphane Muamba, député provincial élu de Luiza, cette visite revêt un caractère inédit. Il souligne qu’Eugénie Tshiela Kamba est la première représentante du gouvernement central à se rendre dans cette zone enclavée, un geste perçu comme un signal fort de reconnaissance envers les populations locales.

Malgré les conditions difficiles — routes impraticables, bourbiers et progression laborieuse du convoi — la vice-ministre poursuit sa mission avec détermination. Son objectif : atteindre la cité de Luiza et y marquer la présence de l’État, dans une démarche visant à rapprocher l’administration publique des citoyens et à restaurer l’autorité gouvernementale dans les zones reculées, à la frontière avec l’Angola.
Déterminée et engagée, Eugénie Tshiela Kamba entend démontrer, à travers cette descente sur le terrain, que l’action publique peut s’exercer jusque dans les territoires les plus isolés.
Jean-Paul ILOPI Bokanga / Directeur de rédaction.
