Le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa a célébré la Journée mondiale de la Francophonie à travers la 2eme édition de la Grande Dictée Francophone

Culture
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Le vendredi 20 mars 2016, la Francophonie avait été à l’honneur au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa, grâce à l’organisation de la Grande Dictée Francophone, laquelle avait réuni une soixantaine d’élèves issus de différentes écoles de Kinshasa, ainsi que près de 260 candidats séniors. Il convient de rappeler que cette initiative intellectuelle, mettant en exergue les dimensions esthétiques de la langue française — véritable clé de voûte du concept célébré ce jour-là — en était à sa deuxième édition.

D’après les organisateurs, la 1re édition de cette activité avait été remportée par M. Benjamin Masiya, un étudiant de l’Institut National des Arts, qui a depuis lors connu une encourageante carrière d’auteur dramaturge et d’artiste slameur, à la tête du Collectif Tetra.

Après les discours et mots de circonstance de deux figures de proue de cet événement — M. Richard Ali-a-Mutu, le directeur de la Bibliothèque WB de Kinshasa, et Mme Cécile Djunga, la directrice dudit centre — qui avaient expliqué la quintessence de cette manifestation culturelle, une surprise de taille avait attendu l’assistance lors de la présentation du lecteur de la dictée, qui n’était autre que le célèbre chanteur Koffi Olomide, la légende de la rumba congolaise, comme l’appellent ses aficionados.

Chansonnier d’exception, ce chanteur de charme s’était, dès ses débuts, illustré par de remarquables élégies, notamment grâce à sa fructueuse collaboration avec Papa Wemba Mzee Fula Ngenge et l’orchestre Viva La Musica.

A en croire certains témoins, Antoine Agbepa Mumba, figure emblématique de la chanson congolaise made in Village Molokaï et actuel patron de l’orchestre Quartier Latin, avait accompli sa tâche avec une remarquable maestria, «en vue de démontrer sans obséquiosité que bien parler (le français) est un acte de civisme, une manière d’honorer la nation».

D’après le directeur de la Bibliothèque WBK, le Roi du Tchatcho est même allé au-delà de ce qu’on lui a demandé de faire, juste pour permettre aux jeunes compétiteurs de mieux appréhender son discours.

En sus, celui-ci avait tenu à préciser que les textes que lira Koffi Olomide avaient été tirés des œuvres de l’écrivaine belge Myriam Leroy, adaptés et enrichis par l’équipe de la Bibliothèque WB de Kinshasa.
Avant que l’on ne mette un point final à cette première épreuve, Mme Véronique, de l’ambassade de France en RDC, avait eu à remercier les parties prenantes, pour leur implication dans le déroulement de cette confrontation ayant mis en action le côté ludique de la langue française.

La première phase de ce concours, consacrée aux « puînés », avait aussitôt laissé la place à celle des « aînés », organisée dans la grande salle du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Encore une fois, l’artiste surnommé le Grand Mopao avait été le lecteur-vedette de cette épreuve.

Dans l’attente des résultats, le public a assisté à un intermède culturel et littéraire marquant la célébration de la Francophonie. Celui-ci a été ponctué par une prestation spéciale de l’artiste slameur Jonathan Ntumba, venu de Lubumbashi, ainsi que par une minute littéraire consacrée à la présentation de l’ouvrage de M. Fabrice Bata, intitulé « Francophonie : argot et développement durable ».

Après un échange enrichissant avec l’auteur sur les enjeux de la langue française, la «Scène Ouverte» a permis aux lauréats du concours «Slam en classe» de se produire, suivis des interventions de slameurs kinois autour des valeurs francophones.

Pendant ce temps, le Grand Jury — composé de M. Jean-Marie Ngaki, dramaturge et enseignant à l’Institut National des Arts, M. Jean-Paul Brigode ILOPI Bokanga, poète, romancier, critique littéraire, animateur culturel, Directeur de Rédaction de Média Actualités et biographe officiel du poète-philosophe François Médard Mayengo et de Papa Wemba, ainsi que M. Adrien Mpani, écrivain et enseignant de français, pour la catégorie Adultes, et de Mme Judith Kitambala, enseignante de français à l’Institut St Joseph Elikya, M. Willy Mudiandambu, écrivain et président urbain de l’Union des Écrivains Congolais, ainsi que Mme Sylvie Tshibasu Zamundu, ancienne professeure de français, chef du personnel du Complexe scolaire Les Loupiots et cofondatrice du Collectif Littéraire Bookutani, pour la catégorie Élèves — s’était attelé à la correction des copies, en commission fermée. Solidarité oblige, après avoir terminé leur corvée, le groupe des évaluateurs des élèves était venu prêter main forte à celui des adultes, en vue d’accélérer les travaux.

Après les délibérations des jurés, voici ci-après la liste des lauréats et lauréates de cette 2eme édition de la Grande Dictée Francophone de la Bibliothèque Wallonie-Bruxelles à Kinshasa :

A. Catégorie Adultes

  • 1er prix : Destin-Irène Matalatala Moukaramour (médecin militaire) ;
  • 2e prix : Masela Nioni Nioni (journaliste) ;
  • 3e prix : Kanana Ntite Nathan.

B. Catégorie Élèves :

  • 1er prix : MUNENE MANANASI Gracy
    (élève de 8e, au Collège Mater Vitae) ;
  • 2e prix : NTUMBA MUBENGA Chrisnovie
    (élève de 8e, lycée technique de Kalamu) ;
  • 3e prix : KASONGO Thibola Noedie
    (élève de 7e, Collège Mater Vitae).

Il faut dire que, pendant ce mois de mars 2026, décrété mois de la Femme en RDC, la muse avait été plutôt favorable à la gent féminine, qui a raflé presque tous les prix du concours ici ensencé.
Cette magnifique manifestation, riche en émotions, s’etait terminée par une cérémonie de remise des prix et des cadeaux aux impétrants, en commençant par la catégorie « Élèves » et en se concluant par celle « Adultes ».

Le mot de clôture a naturellement précédé le cocktail de « Fraternité francophone » offert à cet effet, lequel avait réuni participants et invités devant le nouveau bâtiment du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.

Les Congolais, qui aiment rappeler à quiconque veut les entendre que la RDC demeure le plus grand espace francophone du monde, en termes de locuteurs, ont une fois de plus démontré, par leur attachement sans pareil à la langue de Molière, celle officielle du pays de Roger Bolamba et de Paul Lomami Tshibamba, qui devient de plus en plus la langue maternelle dans plusieurs foyers, même très peu nantis.

Espérons donc que Mme Juliana Lumumba, candidate de la RDC au poste de secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, saura s’imposer face à Mme Louise Mushikiwabo du Rwanda, un pays qui avait pourtant, il y a quelque temps, voulu occulter la langue de Voltaire, au profit de celle de Shakespeare.

Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de Rédaction.-

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