Face à la situatiin préoccupante qui prévaut dans certaines zones relevant historiquement de la chefferie Boma, les communautés boma et mbelo regroupées au sein des Associations de leurs ressortissanrs vivant à kinshasa ont voulu saisir le taurreau par les cornes afin de prévenir des situations tumultueuses qui pourraient compromettre la paix et la sécurité dans leur aire géographique.
C’est le sens même de la réunion tenue ce dimanche 15 mars 2026 à ngaba.
Il était question pour les deux parties d’analyser froidement la situation relative aux pillages répétés des fermes et autres villages orchestrés par des jeunes et ainsi proposer des solutions durables.
Parmi les faits portés à la connaissance des notables boma figurent notamment :
La complicité de la jeunesse Boma et des chefs de terre ou clans dont les concessions dans les espaces décriées ;
La convoitise persistante de certaines terres et ressources naturelles situées en territoire Boma ;
Des actes répétés de pillage du bétail appartenant notamment aux sociétés SOGENAC (ex JVL) ;
La destruction de fermes appartenant à de jeunes éleveurs autochtones ;
Des activités de braconnage attribuées à des groupes identifiés comme provenant du milieu Mbelo ;
L’extension progressive de certains villages Mbelo à l’intérieur de la chefferie Boma.
Ces situations ont été particulièrement signalées dans les zones situées le long des rivières Ekile, Dvumi, Kfuikfui et Eboma, tant en amont qu’en aval.
Les notables ont également été informés :
De la destruction d’environ vingt fermes appartenant à des jeunes éleveurs autochtones dans les localités de Mbali, Isali et Saa ;
De difficultés rencontrées dans l’organisation de certaines activités administratives et sociales telles que l’enrôlement des citoyens, les campagnes de vaccination et la mise en place d’un centre de santé à Ngenzey ;
De certaines attitudes de résistance à l’égard des structures coutumières etadministratives locales.
QEn ce qui concerne particulièrement de la question du respect des limites territoriales,
La notabilité Boma a exprimé ses craintes en car certaines limites territoriales traditionnellement reconnues ne sont plus respectées.
Il s’agit notamment des limites situées dans la plaine Aviation à Ntanda jusqu’à la rivière Ekfúà, à environ cinq kilomètres de Mbali.
Plusieurs villages tels que :
Ngelegono, Mià, Nzalimpoka, Itúu et Ngenzey subiraient aujourd’hui une influence administrative extérieure, notamment en ce qui concerne certaines infrastructures publiques.
Des contestations similaires ont été signalées dans les zones allant de Maziba à Ibanda (Epokenkase) ainsi que dans les localités de : Ekoli, Nsondia, Bayanga, Ntoyoba et Ibanda, historiquement reconnues comme faisant partie du territoire de Mushie.
Dans certains cas, il apparaît même que certains villages ne reconnaissent plus pleinement l’autorité coutumière de la chefferie Boma.
Sur le plan du Respect des coutumes et de l’autorité traditionnelle,
La notabilité Boma constate également que, dans certaines situations de conflit ou de différend, les règles de la coutume Mbelo seraient appliquées dans des zones relevant pourtant de la juridiction coutumière Boma.
Une telle situation est de nature à porter atteinte à l’autorité traditionnelle et à créer des tensions inutiles entre les communautés.
Après un échange à bâton rompu qui leur a permis de non seulement analyser les faits en relevant les causes et les conséquences qui en découleraient mais aussi de prendre la mesure du danger si rien n’est fait
pour mettre un terme à ce climat malsain, les deux parties ont pris
plusieurs résolutions afin de disuader tous ceux qui s’adonnent aux pillages des fermes de part et d’autre, avec eux tous ceux qui achètent egalement les butins issus de ces actes de vandalisme.
Au regard de la gravité des faits évoqués, la notabilité Boma de Kinshasa présidée par Moz Masaa Gabriel, a exprimé son indignation face aux attitudes jugées belliqueuses et provocatrices de certains membres de la communauté Mbelo.
En conséquence, la notabilité Boma exige le respect immédiat et strict des limites territoriales historiquement reconnues de la chefferie Boma.
Elle exige aussi la cessation immédiate de tout acte de pillage, de braconnage, de destruction de biens et de toute forme d’occupation irrégulière des terres relevant du territoire Boma.
Elle réaffirme que l’autorité coutumière Boma demeure la seule juridiction traditionnelle compétente dans les zones relevant de sa chefferie.
Elle a, à cette occasion, demandé à la notabilité Mbelo de Kinshasa de prendre les dispositions nécessaires afin de sensibiliser ses membres au respect des règles de coexistence pacifique entre les deux peuples.
La notabilité Boma se réserve le droit de saisir officiellement les autorités administratives, politiques et coutumières compétentes afin que des mesures appropriées soient prises si ces situations persistent.
La réunion qui s’est déroulée dans une ambiance bon enfant a permis ux participants de rappeler
les liens historiques entre les deux peuples, Boma et Mbelo.
A ce propos, la notabilité Boma a tenu à rappeler que les peuples Boma et Mbelo sont liés depuis plusieurs générations par des relations de fraternité et de solidarité.
Ces relations se sont construites à travers :
Les alliances matrimoniales ;
Les activités agricoles, de pêche et de chasse exercées en complémentarité.
Les échanges commerciaux vers les marchés de Kinshasa dont les routes sur les terres Boma constituent la principale voie de passage sont autant des paramètres qui ont pu instaurer une tradition d’hospitalité réciproque entre les deux communautés.
Ces liens ont longtemps constitué le fondement d’une coexistence pacifique et d’un voisinage respectueux.
Enfin, la notabilité Boma a rappellé que le respect des coutumes locales et des autorités traditionnelles doivent constituer le principe fondamental et non négociable pour la préservation de la paix sociale.
Rosymaque
