Inondations à Kinshasa : Victor Tumba Tshikela décèle 5 causes majeures et propose des solutions concrètes

Environnement
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Kinshasa ne respire plus. À la moindre pluie, la capitale congolaise se retrouve sous les eaux.
Les inondations ne sont donc plus l’apanage des mois d’avril et de novembre, traditionnellement les plus pluvieux. Désormais, à la moindre précipitation, cette grande métropole enregistre d’importants dégâts.

À l’Ouest de la capitale, où la densité démographique est la plus forte, aucune commune — pas même le centre-ville — n’est épargnée. Même les quartiers dits urbanisés sont touchés. Une réalité qui soulève alors une question de fond : faut-il reconstruire Kinshasa ?

Si certains experts environnementalistes y voient une nécessité, d’autres, à l’instar de Victor Tumba Tshikela, privilégient des solutions structurelles.
Face à cette situation récurrente, il n’y a ni panacée ni potions magiques, affirme cet ingénieur qui occupe les fonctions de Directeur Général de l’OVD.

Ce dernier dresse alors un diagnostic sans équivoque, en avançant toutefois ce qu’il considère comme des pistes de solutions idoines.
Selon lui, cinq causes sont l’origine des inondations dans la ville-province de Kinshasa.
Pour le Directeur général de l’Office des Voiries et Drainages (OVD), les cinq facteurs principaux expliquent cette fineste situation :

  1. L’explosion démographique

Conçue à l’époque pour environ 500 000 habitants, le « Léopoldville d’aujourd’hui » en compte près de 20 millions.
Cette pression démographique a entraîné la disparition progressive des espaces verts, notamment dans sa partie Ouest.
Conséquence : le boom immobilier, qui accentue le ruissellement des eaux, met à rude épreuve un système de drainage devenu insuffisant.

  1. L’ensablement du fleuve

L’accumulation des sédiments dans le fleuve réduit sa capacité d’absorption, aggravant ainsi les risques d’inondation.

  1. L’incivisme de la population

Les caniveaux et collecteurs d’eau sont souvent transformés en dépotoirs publics, obstruant l’écoulement naturel des eaux.

  1. Les constructions anarchiques

Des habitations et infrastructures de grande ampleur sont érigées sur des collecteurs ou le long des lits des rivières, empêchant de facto le passage des eaux.

À Yolo Ezo, par exemple, un grand collecteur est obstrué par une école construite au-dessus. À la Gombe, vers Planète J, des constructions longent le lit majeur du fleuve, rendant tout curage difficile, voire impossible.

  1. Les changements climatiques

Kinshasa enregistre de nos jours des pluies exceptionnelles pouvant atteindre 260 mm, contre une normale de 80 mm, avec des conséquences dévastatrices.

Face à ce tableau apocalyptique, des solutions plausibles, mais très coûteuses, existent, atteste notre intervenant. Victor Tumba Tshikela appelle ainsi à des mesures fortes, telles que celles de :

  • renforcer le système de drainage, notamment par la construction de nouveaux collecteurs pour combler les déficits actuels ;
  • accélérer le curage des rivières et du fleuve, aujourd’hui insuffisant faute de moyens, la Régie des voies fluviales (RVF) ne disposant pas d’équipements adéquats. En effet, Kinshasa ne compte qu’une seule drague au lieu des 24 nécessaires ;
  • Mobiliser des financements conséquents, estimés à 20 millions de dollars par trimestre, pour un curage efficace ;
  • Mettre fin aux constructions anarchiques, avec une mesure radicale : la démolition.
    Si pareilles opérations ont déjà été entamées dans certaines communes, elles restent, selon plusieurs observateurs, sélectives et incomplètes.

Au finish, une certitude demeure : sans volonté politique forte et moyens conséquents, Kinshasa continuera à sombrer sous les eaux.

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