La décision du VPM des Transports, Jean-Pierre Bemba, d’interdire la navigation des baleinières en bois sur le fleuve Congo passe mal voire très mal au Sud-Ubangi. L’élu de Kungu, Jean-Pierre Dido Minokomiye, monte au créneau et saisit directement le Président Tshisekedi.
C’est une mesure qui se veut sécuritaire,certes, mais qui pourrait se transformer en catastrophe sociale. En interdisant les embarcations en bois, le gouvernement a pris une décision jugée précipitée, déconnectée des réalités du terrain et qui menace d’asphyxier des millions de Congolais.L’alerte vient de l’Assemblée Provinciale du Sud Ubangi . Jean-Pierre Dido Minokomiye, député provincial élu de Kungu sur la liste UDPS/Tshisekedi, ne mâche pas ses mots : « On ne peut pas interdire le seul moyen de transport d’un peuple sans lui offrir d’alternative. C’est punir les victimes », dénonce-t-il.Dans cette province enclavée, le fleuve n’est pas un luxe. C’est la route nationale. Sans les baleinières, il n’y a plus de commerce, plus d’approvisionnement des marchés, plus de déplacement.L’élu cite des axes vitaux aujourd’hui menacés : la rivière Ngiri à partir de Bonyanga, Dongo, Iranga, Basankusu. Des localités entières qui ne vivent que par l’eau. Pour des populations aux revenus très limités, la baleinière en bois reste le seul moyen accessible.Interdire sans remplacer, c’est paralyser l’économie locale.Tout en saluant la volonté de sécuriser le transport fluvial après les naufrages à répétition, l’élu de Kungu exige une approche progressive et réaliste.Sa proposition est claire : que le gouvernement dote d’abord la province d’embarcations modernes, sécurisées et subventionnées, avant toute interdiction.Face à l’urgence, Jean-Pierre Dido Minokomiye sollicite l’intervention personnelle du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.Il demande au Président de la République d’instruire le VPM Jean-Pierre Bemba de surseoir à cette décision.L’enjeu dépasse la simple sécurité fluviale. Il pose la question fondamentale : comment moderniser sans exclure ? Comment protéger des vies sans en détruire d’autres socialement ?Au Sud-Ubangi, le fleuve attend la réponse de Kinshasa.
Ezéchiel BINGOMBIJournaliste d’investigation
