Le « bidoc » abbé Emmanuel Eyenga Ndjoli, qui n’est vraiment plus à présenter dans le milieu de la jeunesse ecclésiastique et éducatif kinois, vient de souffler ses 70 bougies dans la sérénité familiale et amicale, à la date et au lieu ci-haut indiqués.
Né le dimanche 4 mars 1956 à Bokote, dans la province de l’Équateur, c’est donc quatre jours après sa vraie date de naissance que la célébration de ses 70 ans d’âge a eu lieu, correspondant ainsi avec celle de la Journée internationale des droits de la femme.

Le complexe scolaire Marie Reine des Anges, une excellente et bénéfique initiative du jubilaire de platine, sis avenue Saio, entre l’Université Cardinal Malula et celle musulmane, dans la commune de Kasavubu, à Kinshasa, a été l’arène où s’est déroulée cette esquive manif festive.
Débutée à 16 h 00, agrémentée par un orchestre d’interprétation de la rumba, elle a connu la participation des parents, amis et connaissances de ce jeune premier de 70 piges, ainsi que de quelques ecclésiastes, dont l’abbé Hubert, le doyen des prêtres diocesains de Kinshasa qui, par une prière percutante, avait remis cet événement entre les mains du Seigneur.
Présentation du nouveau septuagénaire
Cette rubrique a été confiée à un des épigones de l’homme du jour, en la personne de M. Mpunga Norbert, l’ancien directeur de cabinet du jubilaire .
Pour ce dernier, « Ya Emma » est une figure de proue intellectuelle et ecclésiastique, reconnue pour son engagement dans la formation des élites, pour sa réflexion philosophique et sa fougue pour la promotion de l’Enseignement Supérieur Catholique.

Titulaire d’une maîtrise en philosophie de l’Institut Catholique de Paris, d’un diplôme d’études approfondies en histoire des religions et anthropologie religieuse de l’Université de la Sorbonne / Paris IV, ainsi que d’un doctorat conjoint en philosophie de l’Institut Catholique de Paris et en anthropologie religieuse de Paris-Sorbonne, il a grandi dans un environnement marqué par l’humanisme, les valeurs chrétiennes et l’importance de l’éducation.

Très tôt attiré par la vie religieuse et les études, il entre au séminaire et poursuit un parcours de formation sacerdotale rigoureux. Il est ordonné prêtre le 1er août 1984 pour l’archidiocèse de Kinshasa. Dès le début de son ministère, il se distingue par son intérêt pour la formation intellectuelle et philosophique des futurs prêtres.
Sa réflexion porte notamment sur la philosophie africaine,
les questions éthiques et sociales, ainsi que les relations entre foi, culture et modernité.

Dans ses enseignements, il insiste sur la nécessité pour l’Afrique de produire une pensée autonome capable d’éclairer les défis du développement. D’où, le credo qu’il a su insuffler à l’IFAD de la belle époque : Les compétences livrables clés en main.
Enseignement et responsabilités académiques
L’abbé Eyenga Ndjoli s’illustre comme enseignant et formateur de plusieurs générations d’étudiants et de séminaristes. Parmi ses responsabilités notables, on peut dire qu’il a été :
- recteur du Séminaire de philosophie Saint-Kaggwa à Kinshasa,
- professeur de philosophie dans plusieurs institutions académiques et ecclésiastiques,
- promoteur et recteur honoraire de l’Institut Facultaire de Développement (IFAD), une institution d’enseignement supérieur devenue aujourd’hui l’Université Omnia Omnibus.
Il préside actuellement la destinée de l’Université de la Tshuapa, créée par son frère, le professeur Jacques Ndjoli, très connu comme une personnalité éminente du MLC de Jean-Pierre Bemba Gombo, et surtout, comme vice-président de la CENI en 2011.
Engagement pour l’éducation et la société
Au-delà de son rôle sacerdotal, l’abbé Eyenga Ndjoli est connu pour son combat en faveur de l’éducation comme moteur de développement.
Il soutient que la formation intellectuelle est une clé de l’émancipation des peuples, et l’université, un espace de production des idées pour le progrès social. Pour lui, l’Église doit jouer un rôle actif dans la formation morale et intellectuelle de la jeunesse.
Le nom de l’abbé Eyenga Ndjoli est également associé à des initiatives de formation spirituelle, notamment le groupe Kizito-Anuarite, inspiré par les figures chrétiennes africaines.
Dans les milieux ecclésiastiques et universitaires de Kinshasa, il est souvent décrit comme :
- un prêtre intellectuel,
- un éducateur engagé,
- un promoteur de la pensée critique et du développement humain
D’une manière habituelle, « Ya Emma » s’intéresse davantage à l’être qu’à l’avoir. selon lui, l’être vaut plus que l’avoir, le spirituel plus que le physique, et le qualitatif plus que le quantitatif. Les initiés, comme notamment feu Papa Wemba, qui avait un commerce respectueux et affectueux avec lui, savent que celui-ci, lorsqu’il avait été à une certaine époque l’aumônier de l’archidiocèse de Kinshasa à Paris ville-lumière, avait pris à bras le corps les différents problèmes spirituels, voire matériels, pourquoi pas administratifs, de ses compatriotes en difficulté outre-mer, eu égard à sa grandeur de cœur et d’esprit. Ainsi, ses messes en rites zaïrois était une grande occasion de rencontre, de solidarité et de sociabilité pour la communauté zaïroise ( congolaise) à Paris.
Après cette flopée de mots agréables, le nouveau septuagénaire a interprété, avec ses amis de promotion, dont le célèbre Antho Longange, la chanson Elo de Teddy Sukami dans Zaïko Langa Langa, sortie meilleure chanson de l’année en 1975. Après ce moment d’exaltation générale, le protocole avait demandé aux convives de passer à table.
La nourriture ayant été servie à satiété et la boisson ayant coulé à flot, quoi de plus normal pour le bastringue de s’inviter au festin. Que Dieu bénisse les 70 bougies de Ya Emma et que sa vie soit comblée d’un bonheur inestimable, avait alors dit son présentateur.
Jean-Paul ILOPI Bokanga/
Directeur de Rédaction.
