Le phénomène du kidnapping, assurément importé de l’Est de la RDC et nourri en partie par une consommation incontrôlée de films d’action déversés par certaines firmes cinématographiques occidentales et asiatiques, voire africaines, devient de plus en plus récurrent dans la capitale congolaise.

À Kinshasa, de paisibles citoyens sont au vu et au su de tout le monde enlevés à bord d’un taxi ou d’un taxi-bus, puis séquestrés dans des lieux tenus secrets. Le scénario est toujours le même : les ravisseurs contactent par la suite les proches de la victime et les soumettent à des menaces et chantages afin d’obtenir une rançon pour la libération du captif, souvent présenté dans un état pitoyable pour susciter compassion et mobilisation, à travers WhatsApp ou autres artifices des réseaux sociaux.
C’est dans ce contexte qu’est survenue l’affaire de l’écrivain Oncle Sam Zola, de son vrai nom Samuel Kabeya Kitenge. Selon les informations rapportées par un confrère, il aurait été enlevé le soir du vendredi 27 février 2026, alors qu’il rentrait à son domicile, situé vers Binza Ozone. D’après le témoignage de la victime elle-même, le rapt serait survenu quelques minutes après que le motard qui le transportait eut simulé une panne de carburant aux environs de l’Université Pédagogique Nationale, non loin de chez lui. C’est alors que deux individus sortis d’un taxi-bus l’auraient contraint à monter à bord de leur véhicule.
Il convient de souligner ici que le Président-Directeur Général des Éditions du Grand Lac, encore étudiant à l’UPN, affectionne particulièrement les déplacements en moto-taxi.
La suite de cette affaire, digne d’un scénario rocambolesque, révèle que les ravisseurs auraient pris contact avec le père de la victime pour exiger une rançon de 2000 dollars, assortie d’une menace explicite de l’exécuter si la somme n’était pas versée dans un délai de 48 heures.

Pris de court par cette situation dramatique, le géniteur du jeune éditeur s’est tourné vers la corporation des écrivains, afin de solliciter son soutien.
C’est ainsi que Christian Gombo, en sa qualité de Secrétaire général de l’UECO (ou AECO), a décidé de prendre l’affaire en main, en sensibilisant les hommes et femmes de lettres afin qu’ils (qu’elles puissent contribuer financièrement à la libération du jeune prodige de l’écriture et de l’édition.
Un fait notable dans cette affaire reste l’implication bienveillante de Me Patrick Kitenge, alias Pat le Gourou, avocat et poète de son état. Cette mobilisation peut surprendre certains observateurs, d’autant plus que les relations entre le patron de la Clinique Littéraire et Sam Zola, le deuxième lauréat du Prix de la Régénérescence littéraire 2025, également nominé au Prix Émilie-Flore Faignond 2026, paraissaient empreintes de froideur. Il en fut de même pour Marc Bamenga, le colistier du précité dans la gestion de ladite Clinique Littéraire. Comme quoi, il convient parfois de s’abstenir de juger les personnes sur la base de simples apparences ou appartenances.
Selon Christian Gombo, la collecte organisée au sein de la communauté littéraire aurait permis de réunir environ 500 dollars. Toutefois, en raison des soupçons et des allégations négatives exprimés par certains membres de la corporation, deux contributeurs auraient retiré leurs quotes-parts, estimées à 70 dollars. Face à ces accusations, Christian Gombo, Pat le Gourou, Marc le B., ainsi que Youssef Braun ont tenu à rappeler que l’essentiel, dans l’immédiat, demeure la libération du séquestré. Quant aux zones d’ombre de cette affaire, elles devront être élucidées par les enquêtes de la police et des services de sécurité, toujours en cours, avec l’appui notamment du cabinet Patrick Kitenge.
Le fondement des réticences des sceptiques provient de certains antécédents attribués à l’intéressé, lesquels avaient à l’époque suscité des interrogations et des scrupules parmi ses pairs. Mais de là à vilipender publiquement un collègue confronté à une situation aussi tragique, il n’y a qu’un pas qui met en question l’esprit de solidarité censé unir ceux qui se veulent être les phares de la société. Qu’il s’agisse d’un enlèvement réel perpétré par des bandits, ou d’un canular lié à d’éventuelles difficultés financières ou psychologiques du suspecté, Oncle Sam Zola mérite toutefois le regard bienveillant de ses pairs, au regard des contributions qu’il a apportées — ou qu’il ambitionne d’apporter — à la littérature congolaise. Car, au fond, c’est peut-être l’altruisme qui sauvera le monde de l’écriture, affirment d’aucuns.

Au finish, un communiqué de l’Union des Écrivains Congolais, daté du 3 mars 2026, signé par Christian Gombo, avait informé les affidés de cette structure corporative fondée par feu le poète et professeur Masegabio Nzanzu, en disant textuellement ce qui suit :
« Nous venons d’avoir le papa de Sam (Zola) au téléphone. Notre ami, frère et fils séquestré a été récupéré hier à Mitendi et envoyé à Kimpese pour des soins médicaux et suivi psychologique.
Nous remercions toutes les personnes qui ont contribué à cette réalisation philanthropique, particulièrement Glody Bamenga, Hussein Lukusa, Medi Mulenda et Pat le Gourou, pour leur engagement et leur mobilisation sans faille sur le terrain. » il faut savoir qu’au lieu de 2000 $ exigés au départ, les malfrats avaient fini par accepter la moitié de ladite somme, grâce, semble-t-il, à l’interception du cabinet Patrick Kitenge.
Comme le dirait le professeur Ndundu Kiviula de l’INA, à toutes choses, il faut considérer la fin ; et pour ce cas précis, le pire vient d’être de justesse évité.
Jean-Paul ILOPI Bokanga/
Directe de Rédaction.
