
L’Université Pédagogique Nationale (UPN) a accueilli du 21 au 22 octobre derniers un colloque international placé sous le thème « Mise en œuvre de l’Accord de Paris en Afrique subsaharienne : une décennie d’actions et défis pour la préservation des forêts du Bassin du Congo », Organisé avec le soutien de plusieurs organismes internationaux. Cet événement hautement culturel et scientifique a rassemblé chercheurs, acteurs politiques, diplomates et étudiants, autour des enjeux cruciaux liés à la protection de l’environnement et à la gouvernance durable des ressources naturelles.

Une cérémonie d’ouverture marquée par des appels à la responsabilité collective
L’ouverture officielle de cette rencontre a été présidée par Madame la Rectrice de l’UPN, qui a prononcé le mot de bienvenue. Cette dernière a exprimé sa fierté d’accueillir cette activité de grande envergure sur son campus et a appelé à une prise de conscience collective, quant à la nécessité de préserver la nature pour les générations futures.
Monsieur Majiala, le Doyen de la Faculté de Droit de l’UPN, a salué l’initiative et souligné le rôle primordial de la responsabilité citoyenne dans la protection du grand Bassin forestier congolais, une région riche en ressources naturelles mais confrontée à d’importants défis de gouvernance.
Dans la foulée, le Professeur Cléo Mashini, Vice-Doyen chargé de la Recherche à l’UPN, a présenté les objectifs du colloque, en insistant sur la nécessité d’évaluer les progrès accomplis depuis la signature de l’Accord de Paris, ainsi que les reculs éventuels.
Madame Marie, représentante de l’ambassadeur de France, a rappelé brièvement l’historique de l’Accord de Paris, adopté en 2015 lors de la COP21, et ratifié par la RDC en 2017. Elle a insisté sur le fait que six ans après, il est temps de passer des promesses à des actions concrètes, pour la protection des forêts.
Monsieur Milan, Directeur général de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) a, quant à lui, souligné que les aires protégées doivent être considérées comme des laboratoires scientifiques, et que la pression démographique et l’exploitation illégale des ressources exigent une conscience accrue pour préserver les forêts.

Une première session riche en apports scientifiques
Les échanges ont démarré avec le Professeur Led Macina de l’UPN, qui a exposé sur « l’effectivité des conventions internationales ». Il a expliqué qu’une convention internationale est un contrat entre plusieurs États sur une matière spécifique, et a distingué entre effectivité et efficacité desdits instruments juridiques.

Le Professeur Kosa Bohwab, également de l’UPN, a présenté l’économie normative de l’Accord de Paris Adopté pour réduire les gaz à effet de serre dans les pays industrialisés. Ledit accord vise en outre à lutter contre la pauvreté, à travers une action climatique globale. Ainsi a-t-il rappelé les droits et obligations des États signataires, en insistant sur la ratification dudit accord par la RDC en 2017.
Le Docteur Senga, expert en environnement, a pris, lui, la parole pour expliquer les mécanismes de paiement des services environnementaux, en définissant les concepts clés et en détaillant les préalables nécessaires à la mise en place de ces paiements, notamment ceux de la restructuration des droits d’usage forestiers.
Interventions en ligne, débats sur la transparence et les clauses sociales
La deuxième session a été marquée par quelques difficultés techniques lors des interventions à distance, notamment en raison de coupures audio.
Monsieur Owona Mbarga, intervenant en ligne, a présenté la thématique de la « redevabilité, transparence et moyens » dans la gestion des ressources climatiques. Il a évoqué le rôle de FLAG, une organisation œuvrant pour la transparence et la légalité dans ce domaine.
Madame Tania, représentante de l’ONG KFBS (Kongossa Forêts Bassin du Congo), a quant à elle exposé sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris par son organisation. Elle a insisté sur l’élaboration d’un canevas de clauses sociales dans les contrats de concession forestière, soulignant plusieurs actions déjà réalisées et de nombreux projets en cours.
Par ailleurs, la Société de Développement des Forêts (SODEFOR), présente à ce colloque, a été citée pour son rôle clé dans la gestion durable des forêts en RDC, en lien avec des partenaires nationaux et internationaux.

Un cadre propice aux échanges constructifs
Les débats ont été riches en questions/ réponses, impliquant activement chercheurs, étudiants et experts présents, et ont permis d’aborder avec rigueur les nombreux challenges liés à la préservation des forêts, à la gouvernance et à la mise en œuvre effective des engagements internationaux.
Chaque journée a été clôturée par un cocktail, offrant ainsi un cadre convivial pour poursuivre les échanges et renforcer les partenariats.
Report de la clôture du colloque
Initialement prévue juste après les travaux du 23 et du 24 octobre 2025, la cérémonie de clôture du colloque a été reportée à une date ultérieure, pour des raisons logistiques. Les organisateurs ont cependant remercié les participants à ces réunions pour leur compréhension et s’engagent à communiquer prochainement la date qui va être retenue, quant à ce.
Gaël Kabuya, le cosmopolite
