De tout temps, le grand cheval marin, quoique herbivore, a toujours été un motif d’épouvante pour l’homme. Sa masse et sa laideur peuvent sûrement être à l’origine de cette répulsion.
Mais généralement, quand l’homme ne lui cherche pas noise, ce gros mammifère amphibien ne constitue pas souvent un motif d’inquiétude pour lui. Au Burundi par exemple, les hippopotames sont tellement nombreux qu’on peut avoir l’impression d’être capable de traverser la rivière Ruzizi en sautillant, comme Tintin au Congo, sur leurs dos.
À Bujumbura, ils sortent souvent de leur monde aquatique pour une balade le long du lac Tanganyika, dans la capitale burundaise, sans susciter une grande curiosité.Quand on va du côté de Mbulungu, sur la rivière Kwilu, un hippopotame que les autochtones appellent Nkaka (aïeul) fait tellement joujou avec la population locale qu’il est même interdit de lui faire du mal.
Ce fait a été confirmé par Werrason, la grande star de la Rumba congolaise.Le phénomène change d’optique sur des rivières comme le Kasaï, voire sur celles de la province du Maï-Ndombe, où l’homme et ce gros mammifère se regardent souvent en chiens de faïence.
Les hippopotames attaquent maintenant l’homme
Notre rédaction a été surprise de recevoir un SOS qui disait ceci :« Nous portons à la connaissance de la communauté qu’au village Ngielalung, dans le secteur de Kapia, territoire d’Idiofa, province du Kwilu, aux environs de la ville de Dibaya-Lubwe, une femme de Nkidi, qui traversait la rivière Kasaï en pirogue pour se rendre à ses activités champêtres, a été attaquée sur les eaux par un hippopotame. La victime a eu le bras arraché et sa pirogue a été endommagée.

Elle a été secourue par les riverains et les piroguiers, puis acheminée vers le centre de santé le plus proche pour y recevoir les premiers soins.Nous sollicitons l’intervention des autorités locales et des personnes de bonne volonté pour la prise en charge médicale de la victime et la sécurisation de ce tronçon de la rivière, fréquenté par les riverains. »
Presque au même moment, une tragédie a frappé la communauté riveraine du lac Ntumba, dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre 2026. Une mère de famille et ses deux enfants ont été mortellement attaqués par un hippopotame au village Ikoko Bonginda, dans le territoire de Bikoro (Équateur).Selon l’organisation non gouvernementale de défense des droits humains « Cadre pour le Développement et le Bien-être » (CADEB), cet incident tragique s’inscrit dans une série noire d’affrontements répétés entre les habitants et la faune sauvage.
L’organisation souligne que la sécurité des communautés locales doit devenir une priorité urgente pour les gestionnaires de la faune et les autorités environnementales.
Face à la psychose qui s’installe au sein du village Ikoko Bonginda, la société civile réclame une intervention immédiate des pouvoirs publics pour sécuriser les zones habitées et prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.
Christophe Yoka, coordonnateur de l’ONGD CADEB, appelle à une conciliation entre la protection de la biodiversité et la sécurité humaine :« Nous demandons à l’ICCN, au ministère de l’Environnement et aux autorités provinciales de diligenter une mission urgente sur place […]. Nous ne demandons pas la disparition de la faune, nous demandons que la conservation de la nature puisse aussi garantir la sécurité et la protection des communautés qui vivent en ces lieux.
Cette recrudescence des velléités barbares de ces bêtes sauvages appelle les autorités chargées de la protection de la flore et de la faune à trouver un moyen de rétablir la paix entre les animaux qu’elles protègent et l’espèce humaine, qui se sent désormais menacée par cette proximité avec les hippopotames dans nos fleuves et rivières.
la Rédaction
