VILLE MORTE DU 3 JUIN 2026 :À MITENDI, L’INQUIÉTUDE MONTE À L’APPROCHE DE LA DATE BUTOIR DE L’OPPOSITION

Politique
Partager via :

Kinshasa, 2 juin 2026

L’imminence de la journée « ville morte » décrétée par l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle fait monter progressivement l’inquiétude au sein des habitants de Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula.

Situé sur l’axe stratégique reliant Kinshasa au Kongo Central, ce quartier constitue l’une des principales portes d’entrée des marchandises et des produits de première nécessité venant de la province du Kongo Central, destinés à la capitale congolaise.Chaque jour, de nombreux bus, camions et véhicules de transport en commun empruntent cet axe routier essentiel à l’économie de Kinshasa.

À l’appel de la mobilisation de l’opposition, plusieurs habitants affichent des sentiments partagés entre prudence, lassitude et engagement politique.Rencontré devant sa boutique, Papa Mongali, commerçant et acheteur de braises provenant du Kongo Central, estime que les manifestations de rue ne constituent plus la solution aux problèmes du pays.

« L’heure des marches et villes mortes est dépassée. Aujourd’hui, les responsables politiques doivent privilégier le dialogue. Nous, les petits commerçants, nous souffrons à chaque fois que les activités économiques sont paralysées », explique-t-il.Du côté des conducteurs de motos-taxis, les avis divergent. Certains soutiennent l’appel de l’opposition et se disent prêts à accompagner les actions annoncées, quand d’autres paraissent rétifs vis-à-vis de ce mot d’ordre.

« Quand les dirigeants ne respectent pas leurs engagements, le peuple a aussi le droit de se faire entendre. Nous sommes prêts à soutenir cette démarche », affirme un motard rencontré au rond-point de Mitendi. Tandis que pour Mata, un jeune habitant du quartier précité, le débat dépasse les clivages politiques.« Ce qui est important, c’est le respect de la Constitution.

Les lois doivent être respectées par tous, qu’on soit au pouvoir ou dans l’opposition » mais la perturbation de l’ordre public n’est pas la solution adéquate, soutient-il.La journée ville morte décrétée par l’opposition intervient dans un contexte marqué par une intense campagne autour de la question du changement ou de la révision de la Constitution.

Lorsque plusieurs acteurs de la majorité poursuivent leurs séances de sensibilisation dans les universités, dans certaines églises et organisations citoyennes, quant à ce, l’opposition, elle, multiplie les appels à la mobilisation contre toute réforme qu’elle juge contraire à l’esprit de la Constitution de 2006.Figure de proue de l’opposition congolaise, Martin Fayulu a appelé les Congolais à rester chez eux le 3 juin 2026 afin de protester contre ce qu’il considère comme une remise en cause de l’ordre constitutionnel.

Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, a également confirmé le maintien de cette action citoyenne.Face à ces appels, le vice-Premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a invité les agents et fonctionnaires de l’État à se présenter normalement à leurs postes de travail, leur rappelant que leurs obligations professionnelles doivent primer sur les considérations politiques.

L’Église catholique, pour sa part, n’a cessé, ces dernières années, de rappeler son attachement au respect de la Constitution, à l’État de droit, à la paix sociale et à la préservation de l’unité nationale. Plusieurs évêques ont régulièrement rappelé aux acteurs politiques qu’ils doivent privilégier le dialogue et éviter toute initiative susceptible de diviser davantage la population.

À Mitendi, cependant, les préoccupations immédiates de la population demeurent celles de la sécurité, de la circulation et de la survie économique.Entre les appels de l’opposition et les consignes du gouvernement, les inquiétudes de la population montent crescendo.

Nombreux sont les habitants de ce quartier- charnière qui espèrent que la journée de ce mercredi 03 juin 2026 va être calme et sans incident.Dans ce quartier qui constitue un carrefour entre Kinshasa et le Kongo Central, tous retiennent leur souffle, en attendant de voir quel visage prendra cette énième mobilisation politique de l’opposition congolaise.

Gael Kabuya le cosmopolite

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *