Coup de tonnerre à la CFEF : Djena Bassiala N’Landu remerciée

Politique
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A moins de deux semaines passées à la tête de la CFEF, les responsabilités lui confiées ayant largement dépassé le champ de ses compétences, Djena Bassiala N’landu vient de quitter les rênes de cette entreprise. Si cette éviction étonne le commun des mortels, les observateurs avertis avaient déjà pressenti qu’elle n’allait pas faire long feu à la tête de cette prestigieuse structure. L’arrêté n°033/CAB/MIN/FINANCES/2026 du 22 avril 2026 est donc venu confirmer cette tendance.

Par cette décision ministérielle, Djena Bassiala sort de la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États fragiles (CFEF) par la petite porte.
La décision stipulant son départ ne fournit néanmoins pas beaucoup d’éléments sur les motivations ayant conduit au rapport de l’arrêté n°070/CAB/MIN/FINANCES/2025 du 11 octobre 2025, qui avait consacré sa nomination.

Ce silence alimente naturellement diverses spéculations, allant de l’incompétence présumée à un certain manque de maturité dans la gestion professionnelle.

Le limogeage de celle qui assurait l’intérim du Coordonnateur National vient ainsi ajouter un nouvel épisode à ce feuilleton à rebondissements qui secoue depuis plusieurs semaines le monde des finances publiques congolaises.

En toile de fond demeure la suspension controversée de M. Alain Lungungu Kisoso, Coordonnateur National de la CFEF, par le Ministre des Finances, Son Excellence Doudou Fwamba Likonde Li-Botayi, une décision jugée par plusieurs observateurs comme inique et unilatérale, et qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive.

Pendant ce temps, la défense du Coordonnateur suspendu ne désarme pas.
Agissant pour le compte de son client, Me Jean-Pierre Ilaka Kampubu a adressé, en date du 22 avril dernier, une longue correspondance au Ministre des Finances — avec ampliation au Chef de l’État — pour solliciter le rapport de l’arrêté de suspension, estimant que les griefs retenus contre Alain Lungungu sont largement sujets à caution.

Dans son mémoire de défense, l’avocat développe avec minutie plusieurs arguments de fond et de forme destinés à démontrer l’innocence de son client. Il évoque notamment une véritable machination destinée à faire d’Alain Lungungu le dindon de la farce.

La défense rappelle notamment que la suspension, n’ayant pas respecté les délais légaux prescrits, tomberait d’office dans la caducité pour forclusion. Elle soutient également que cette suspension conservatoire constitue un abus de procédure, aucune urgence ni aggravation de la situation ne justifiant une telle mesure.

Concernant les accusations de détournement de deniers publics, la correspondance souligne que tous les contrats et missions incriminés avaient reçu l’avis de non-objection de la DGCMP ainsi que l’aval de la Première ministre.

S’agissant de l’affrètement d’un avion pour la mission de contrôle du ministre du Plan et d’un groupe de parlementaires du territoire de Budjala, la défense invoque l’urgence de la situation, tout en affirmant que toutes les procédures réglementaires ont été scrupuleusement respectées.

Le mémoire revient également sur les dossiers Ascat et SPPE, déjà apaisés entre les parties, les partenaires ayant accepté de relancer les chantiers restés à l’arrêt tout en apportant des garanties sur les fonds litigieux. À ce jour, la CFEF a enregistré 16 réceptions provisoires issues de ces projets dans la province du Maï-Ndombe : 5 à Bolobo, 2 à Inongo, 4 à Kutu, 1 à Kwamouth, 1 à Mushie et 3 à Oshwe.

Quant au grief relatif au sieur Mbikayi, l’avocat soutient qu’il demeure nul et non avenu, celui-ci ayant été recruté par la CFEF une année après avoir quitté le regroupement concerné.
Même logique pour les rapports d’audit et les prétendues récriminations de la BAD, que la défense qualifie de leurres et de poursuites du vent. Sans oublier les accusations liées au voyage du coordonnateur, motivé par des raisons de santé, qui ne sauraient servir de prétexte à un règlement de comptes : quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la gale.

En définitive, selon plusieurs observateurs, le ministre de tutelle devrait plutôt saluer les performances de ce cadre réputé dynamique, plutôt que de se laisser induire en erreur par des collaborateurs mus par des motivations inavouées.

Jean-Paul ILOPI Bokanga
Directeur de rédaction.

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