La grande famille artistique Viva La Musica est à nouveau frappée par le deuil. L’artiste chorégraphe Claude Tshiniama, plus connu sous son célèbre sobriquet de Zimbabwe, figure emblématique et pilier incontesté des danses d’animation congolaises, s’est éteint dans la nuit du 1er au 2 décembre 2025, à Kinshasa, après plusieurs années de déficit pathologique

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Notre consternation fut immense lorsque le chanteur-animateur Biscuit des Écoliers, son collègue au sein de Viva La Musica, annonça dans le groupe WhatsApp «Les amis de Jean-Paul ILOPI» la disparition de ce monument de la chorégraphie congolaise. Nos doutes se dissipèrent aussitôt lorsque, dans la même discussion, apparut une vidéo de Bébé Wemba Neymar, submergé d’émotion, interprétant la poignante complainte «Blessure», l’un des titres mythiques de Bakala Dia Kuba, chanté lors du deuil de King Kester Emeneya, autre général du Village Molokaï.

Selon l’Agence Congolaise de Presse (ACP), la disparition de Zimbabwe prive la République démocratique du Congo d’un artiste unique, dont la contribution à la valorisation de la danse d’animation restera gravée dans les mémoires. Ancien danseur et chorégraphe de Viva La Musica de Papa Wemba Mokili Mobimba, Zimbabwe demeure l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de cet orchestre légendaire, actif sans discontinuer depuis sa création au début de l’année 1977.

Le chorégraphe congolais Don de Dieu Bwabulabutima, toujours cité par l’ACP, décrit le défunt comme «un artiste né sous une bonne étoile». Il rappelle que Papa Wemba lui avait attribué le surnom flatteur de «Docteur de la danse», en hommage à sa créativité débordante, à son sens du travail bien fait et à sa loyauté exemplaire envers le groupe.
Parmi les souvenirs les plus mémorables laissés par ce danseur hors pair figure son combat acharné pour la reconnaissance des droits des danseurs et chorégraphes : il plaidait afin qu’eux aussi puissent bénéficier des droits voisins liés aux spectacles et aux productions audiovisuelles.

Zimbabwe a également marqué l’histoire de Viva La Musica grâce à sa collaboration avec le regretté chorégraphe Lambio Lambert Moke, dit Lambio Lambio. Ensemble, ils ont contribué à encadrer une nouvelle génération de danseuses. Ce tandem légendaire a façonné les célèbres Fioti-Fioti et Nionions, révélées au grand public grâce au génie artistique de Papa Wemba.
Tous les amateurs de Rumba congolaise s’accordent à dire que la disparition de Zimbabwe laisse un vide immense dans le paysage du show-business congolais. Saluons donc la mémoire de cet artiste charismatique dont l’héritage restera inscrit dans la grande histoire de la danse d’animation en RDC.
Son style, alliant maîtrise corporelle, énergie et présence scénique exceptionnelle, a marqué des générations à travers de nombreux clips et prestations mémorables.

Comme l’a souligné notre confrère Joshua Desvers Nsiala, Zimbabwe n’était pas qu’un simple danseur : il était un véritable «docteur de la danse», ayant influencé toute une génération d’amoureux du rythme et du mouvement.
Selon le message transmis à la rédaction de Média Actualités par Biscuit des Écoliers, et dans l’attente de plus amples précisions, la dépouille mortelle de Zimbabwe repose actuellement à la morgue d’un centre hospitalier de Kinshasa. Le deuil, quant à lui, se tient provisoirement à Barumbu, sur l’avenue Kabalo n° 25.
Le programme des funérailles de cet épigone de feu Me Taureau Ngombe sera communiqué au public en temps opportun.
Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de Rédaction
