
Le dimanche 16 novembre 2025, au siège de son parti situé dans la commune de Lemba, le Rassemblement du Peuple pour la Démocratie et le Renouveau (RPDR), membre de la Coalition Lamuka, a commémoré dans une ambiance festive le 21ᵉ anniversaire de sa reconnaissance officielle par l’État congolais.
Outre les cadres et militants de cette formation politique, plusieurs invités et sympathisants avaient également pris part à la manifestation, en dépit de la pluie qui s’était elle aussi invitée à la fête.
Il était environ 16 h 30 lorsque le modérateur, Justin Mbongo, annonça — après un court moment d’atermoiement — le début des activités, marqué par l’exécution de Debout Congolais, l’hymne national de la RDC, suivie de celui du RPDR. Maître Yves, Secrétaire national chargé des Réformes judiciaires, prononça ensuite le mot de bienvenue. Selon lui, 21 ans représentent l’âge de la maturité et de la responsabilité, un âge qui annonce des perspectives déterminantes pour le parti et pour le peuple congolais.

Après ces mots introductifs, la parole fut donnée à l’homme du jour, le Grand Camarade Bob Bolabwe Mbokoso, pour son discours de circonstance. En véritable tribun, ce dernier retraça l’histoire de ce parti désormais majeur, issu — selon lui — d’une révolte de jeunes “Zaïrois” étudiant outre-mer. Ces derniers s’étaient indignés de la décision prise en 1982 par le Maréchal Mobutu Sese Seko de fermer, sans coup férir, l’Université de Kinshasa et l’actuelle UPN pendant cinq mois. Pour exprimer leur ras-le-bol, ces intellectuels congolais vivant en Europe avaient investi les rues de Paris et de Bruxelles, afin d’exiger la réouverture immédiate de ces deux institutions académiques majeures.

C’est de ce mouvement estudiantin qu’étaient nés la section UDPS/France et le Rassemblement du Peuple pour la Démocratie et le Renouveau. Après de longues années d’activités dans la clandestinité, le parti cher à Bob Bolabwe fut officiellement agréé en RDC le 16 novembre 2004.
Après ce rappel historique, le président Bolabwe rendit public son message du 21ᵉ anniversaire, dont l’essentiel peut se résumer comme suit : Après 21 ans de lutte, d’engagement, d’espoir et de sacrifice, restons unis contre la balkanisation de la RDC, dans un esprit d’unité, de paix et de développement durable.
« Aujourd’hui, notre pays fait face à une situation absolument intolérable, laissant entrevoir de plus en plus la menace de sa balkanisation. Le RPDR, qui célèbre ses 21 ans, estime que tous les fils et toutes les filles du Congo doivent œuvrer pour la cohésion nationale. Lorsque nous sommes unis, nous devenons plus forts. Même les cinq doigts d’une main ne forment un poing que lorsqu’ils se rassemblent. Et c’est avec un poing qu’on peut, grâce à une gestion habile, neutraliser l’adversaire. La voie pour protéger notre pays contre ces veilleités récurrentes s’appelle Dialogue National Inclusif, tel que prôné par Lamuka et le RPDR, sous la houlette des évêques catholiques et des pasteurs protestants, qui ont compris que l’union fait la force », a déclaré le Secrétaire exécutif de Lamuka.

Et de poursuivre : « Le dialogue national inclusif que nous réclamons concerne tous les compatriotes de M’zee Laurent-Désiré Kabila, y compris ceux mis en index, qu’il s’agisse de Corneille Nangaa ou de Joseph Kabila ! Peut-être que leurs aveux ou justifications permettront de faire éclore des vérités capables de sortir le pays de l’ornière. L’arme la plus efficace contre ce plan sordide de balkanisation, dénoncé depuis le Soleil des indépendances par Patrice Emery Lumumba, reste la solidarité. »
En plus de cet appel à l’unité, devenu le cheval de bataille de Lamuka, Bob Bolabwe a souligné la nécessité d’une bonne gouvernance dans un pays qui s’enfonce de plus en plus dans l’incurie et la concupiscence, d’une justice sociale dans une nation où une poignée de d’individus vit dans une opulence insolente pendant que la population croupit dans une misère inhumaine, ainsi que de la protection des droits fondamentaux.
Après ce discours longuement applaudi, plusieurs participants ont posé des questions à l’orateur, notamment sur l’éventualité de voir le RPDR s’allier à des partis en dehors de la plateforme Lamuka. Pour Bob Bolabwe, le fait d’être membre de Lamuka n’empêche pas son parti d’entretenir des relations avec d’autres partis partageant les mêmes repères idéologiques que lui; au contraire, cela pourrait renforcer la position du RPDR au sein d’une plateforme qui jouit, selon lui, de l’adhésion populaire depuis les élections de 2018.

Après l’intervention du président Bolabwe, un invité de marque, M. Rudy Manjo, président du Parti au Service de la Nation (PSN) et également membre de Lamuka, prit la parole pour témoigner sa sympathie aux membres du RPDR. « À côté de votre parti, le mien, qui n’a que 10 ans, fait figure d’épigone », a-t-il déclaré avec modestie. Il a rappelé que Martin Fayulu, leur leader incontesté, était l’émanation de la Dynamique de l’Opposition, portée par Lamuka comme candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2018. Il a également déploré le sabotage de ce “bonheur national” par les tenants du pouvoir, soulignant que MAFA est resté le seul signataire fidèle aux Accords de Genève.
Parmi les moments marquants, Maître Madiya, une sympathisante du RPDR, remit un carton de spiritueux au président Bob Bolabwe, pour le remercier du soutien indéfectible de son parti à sa candidature lors des législatives de 2023. La Ligue des femmes du RPDR remit également son présent : un tableau représentant leur autorité morale célébrant les 21 ans du parti qui a comme devise : Travail – Patriotisme – Intégrité.-
Le clou de la soirée fut le chant d’anniversaire interprété par Péguy, éminent membre des Kunda Sisters, qui célébrait elle aussi son anniversaire le 16 novembre. Mazi ! Maza !
