Suite aux dernières mesures prises par le VPM Jean-Pierre Bemba Gombo en rapport avec les naufrages en repetition, les violons ne s’accordent pas bien entre l’UCAB et l’autorité de tutelle !

Économie Societé
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Le secteur du transport fluvial et lacustre a connu récemment beaucoup de soubresauts, avec des naufrages en cascade sur le Fleuve Congo et ses affluents, ainsi qu’un nombre assez déplorable de décès. Un de cas le plus effroyables avait été, il y quelques mois, celui de HB Mosantu, qui avait sombré corps et biens dans la rivière Kwa, en aval de Lodiba, avec un bilan assez ahurissant de décès et de disparus, mettant ainsi en deuil presque toute la contrée riveraine comprise entre Bandundu-ville et Kinshasa, en passant bien entendu par Mushie, voire les grandes agglomérations situées sur ce tronçon, qui représente le trajet desservi par cette embarcation auparavant adulée par les passagers, eu égard au respect de ses horaires et à sa navigation imposante.

Pour endiguer ces diverses calamités, le VPM Jean-Pierre Bemba Gombo, qui a les voies fluviales et lacustres dans ses prérogatives, a pris un certain nombre de mesures, que les uns ont trouvé salvatrices, mais que les autres ont traité de populistes, puisque non adaptées aux réalités du secteur qu’il dirige.
– Pourtant, pour avoir été dans le passé un grand armateur de ce pays, l’actuel ministre des transports et voies de communication devrait être au fait des difficultés que connaissent les opérateurs économiques évoluant dans le secteur de l’armement ! Vraisemblablement, tel ne semble pas être le cas, s’était exclamé un habitué de « Moluka ».
En effet, obliger les embarcations en bois d’être dotées de plusieurs bouées de sauvetage, et à leurs passagers de porter tous des gilets de sauvetage paraissent comme surréalistes aux usagers de la voie fluviale, tellement ce secteur semble être l’apanage des populations démunies, qui s’y meuvent pour trouver juste leurs pitances.


Sans se référer ne fût-ce qu’à son partenaire naturel qu’est l’Union Congolaise Des Armateurs des Baleinières, qui a vu ses protégés être pris au dépourvu par ces directives fracassantes, le ministère des TVC a paralysé le trafic sur le Fleuve Congo et ses affluents. Récemment, plus d’une cinquantaine de baleinières, à la descente comme à la montée, avaient été arraisonnées aux ports de Maluku. Et les transactions qui en découlèrent pour avoir droit au chapitre avaient donné aux divers protagonistes l’impression d’être en face d’une nouvelle tracasserie administrative. En sus donc de multiples taxes ou redevances auxquelles les armateurs des baleinières font habituellement face aux multiples ports et postes de contrôle du Fleuve Congo et ses affluents, ils devront maintenant montrer patte blanche à la commission de bouclage mise en place à Maluku, pour avoir le droit de naviguer.

Pour atténuer le désarroi des usagers de « Nzela ya mayi’, qui éprouvent déjà de grandes difficultés pour atteindre leurs terroirs, ou venir ravitailler Kinshasa, le Comité Directeur de l’Union Nationale des Armateurs des Baleinières, présidée par M. Bakombe Gabycha Bondo, vient de lancer un moratoire au Vice-premier ministre, Ministre des transports et voies de communication, Son Excellence Jean-Pierre Bemba, pour éviter que cette situation délétère ne vienne encore mettre de l’huile dans le feu, qui couve déjà sous la cendre.

La lettre y afférente, qui devrait déjà se trouver sur la table du chairman du MLC, dont le fief, la province de l’Equateur, est essentiellement composé d’utilisateurs de la voie d’eau pour leurs différents commerces, commence par saluer le lancement des mesures urgentes de sécurité dans la navigation intérieure, décrétées par les autorités publiques après l’accident du M/B Merdi, survenu le 02 novembre dans le Lac Kivu, lequel accident a entrainé de nombreuses pertes en vies humaines. De ce fait, la communauté des armateurs et le Comité Directeur de l’UCAB se disent prêts à accompagner ce réveil salvateur du pouvoir central, de qui dépend la politique exclusive du transport intérieur, pour que les choses marchent réellement comme un gouvernail.

Le président du Comité National de l’UCAB, Bakombe Gabycha Bondo, lors de son entrevue avec la Rédaction de Media Actualité.

Toutefois, la mise à jour des rapports des antennes de l’UCAB indique que la brusquerie dans l’application desdites mesures ont suscité :
– l’immobilisation de plusieurs unités flottantes sur les axes fluviaux à la descente vers Kinshasa;
– le bloquage de plusieurs embarcations en bois dans les ports fluviaux de Kinshasa, leurs armateurs étant dans l’incapacité de disponibiliser de l’argent pour l’acquisition des matériels de sauvetage correspondant à l’effectif des passagers transportés, ou à transporter, à cause des coûts excessifs de leur budget d’exploitation au départ de Kinshasa;
– de fréquents tiraillements entre les armateurs et leurs passagers, au regard de la responsabilité obligatoire des uns et des autres de se munir en bouées et en gilets de sauvetage;
– la montée des prix des denrées agricoles, fret de base du transport fluvial, dûe au trafic de plus en plus irrégulier des embarcations en bois;
– la montée des prix des produits de première nécessité dans les zones rurales, surtout dans celles enclavées, desservies à moindre coût principalement par la voie navigable.

Le port du bac à Nioki


En mesurant l’impact négatif de l’application précipitée et non coordonnée des mesures sus-mentionnées, le Comité Directeur de l’UCAB, partenaire du Ministère des TVC en politique de navigation fluviale et lacustre, et en celle de désenclavement des milieux ruraux, a jugé bon de tirer la sonnette d’alarme, en vue d’attirer l’attention de l’autorité publique sur la plausibilité, dans un proche avenir, d’une pénurie à grande échelle des produits agricoles dans les ports de Kinshasa, dont les conséquences risqueraient d’être désastreuses.


Déjà, une psychose qui se propage à grande vitesse dans l’arrière-pays amène les riverains à croire que le VPM Jean-Pierre Bemba aurait avec force interdit l’usage des baleinières sur le réseau fluvial et lacustre de la RDC, sous peine de payer de fortes amendes à Maluku. Cette infox, pour ne pas dire intox, est en train de démobiliser, et les transporteurs, et les passagers, qui sont généralement des paysans qui viennent écouler leurs produits des champs à Kinshasa, pour s’approvisionner en produits manufacturés dans la capitale. Les gouvernants doivent savoir que ces embarcations en bois nourrissent pratiquement 80 % de la population kinoise, à travers les ports disséminés le long du Fleuve Congo.

Le flux de passagers étant crescendo à l’approche du mois de décembre, période de pointe pendant laquelle les paysans viennent en masse vendre leurs produits agricoles, de pêche et d’élevage dans l’optique de préparer leurs fêtes de bonne année, créer un goulot d’étranglement pour inhiber la fluidité du trafic sur les voies navigables sera un motif de crispation de la chaîne de fourniture des produits de champs, de pêche et d’élevage aux habitants lambdas de Kinshasa, et de frustration, pour la population campagnarde, qui ne saura à quel saint se vouer, pour se ravitailler en biens d’usage courant.

Cela amène déjà d’aucuns à percevoir ces instructions un peu trop unilatérales comme une volonté d’étouffement des armateurs des embarcations en bois, ainsi que de la population paysanne, principale consommatrice des services offerts par lesdits armateurs ! avait affirmé le président national de l’UCAB.

Ainsi, l’organisation de défense des intérêts des armateurs des Baleinières a sollicité un moratoire pour surseoir provisoirement l’application de ces instructions salvatrices mais encore très mal perçues par diverses parties prenantes, en vue de préserver la paix sociale, surtout pendant cette période de fêtes de fin d’année qui se pointe déjà à l’horizon. Comment le président Bakombe Gabycha Bondo et son comité national comptent alors s’y prendre pour ménager la chèvre et le chou ? Vous le saurez dans notre prochaine livraison, lorsque vous lirez l’interview que le numéro 1 de l’UCAB a daigné accorder à la Rédaction de Média Actualité.

Jean -Paul ILOPI/Directeur de Rédaction.

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