Ruffin HODJAR, l’homme qui relance la fièvre salsa en Afrique

Culture
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La salsa africaine tient assurément sa nouvelle star, en la personne de Ruffin HODJAR. De son vrai nom Rufin Clovis Ngoléba Ossebi, ce passionné de musiques afro-caribéennes et latino-américaines, épigone de Papa Wemba dans l’alliage musique-sape, trace son sillon depuis plusieurs années déjà.

Originaire du Congo-Brazzaville, il s’est fait très tôt remarquer avec des chansons engagées, dont « Halte à la corruption », sacrée meilleure chanson lors d’un concours national de lutte contre la corruption en février 2012 en République du Congo.

Créateur d’une musique intelligente

Auteur inspiré, artiste habité, Ruffin Hodjar marie avec finesse rythmes afro-latins et conscience sociale. Dans cette direction-là, il s’active à finaliser deux chansons majeures : « Moyembi monene », qui célèbre la mémoire de Franklin Bukaka, grand chanteur révolutionnaire et panafricain congolais de Brazzaville, ayant entre autres fourbi ses armes à Kinshasa, et « Lumumba le panafricain », dédiée au tout grand Patrice Emery Lumumba, emboîtant ainsi le pas au Grand Kallé Jeff lorsqu’il a plébiscité le premier Premier ministre de la RDC, héros national, dans sa chanson intitulée « Lumumba, Héros national ».

On peut compter dans la suite Franco de Mi Amor, Vicky Longomba, Franklin Bukaka, Jeannot Bombenga et tant d’autres bardes qui ont encensé la mémoire du 1er Premier ministre congolais, sauvagement assassiné six mois après l’indépendance du Congo.

Dans le répertoire de Ruffin HODJAR, on peut compter « Punta Negra », « Brazzaville » et d’autres titres fortement enracinés dans l’histoire et les villes du Congo. Salsero convaincu, flirtant également avec la rumba congolaise, ce juriste d’entreprise conjugue sa passion musicale avec une carrière dans les relations publiques d’une société d’exploitation forestière.

À la conquête de la scène africaine

Longtemps portée par des figures majeures comme Essous Jean Serge, José Missamou, Grand Kallé Jeff, Tabu Ley, Papa Wemba, Sam Mangwana ou encore le groupe Africando, la salsa africaine semble perdre de sa superbe.
C’est pourquoi, Ruffin HODJAR, qui voit plus grand, se donne le challenge de raviver sa flamme.
C’est pour dire que cet artiste aguerri, adoubé par une ambition sans ambiguïté, a décidé de remettre la salsa africaine au centre du jeu musical continental, dans la pure tradition de Johnny Pacheco et de The Fania All Stars, tout en lui insufflant une identité africaine avérée.

DOUGOUBA : l’album de la consécration ?

« Je prépare un nouvel album de salsa à la fragrance continentale, riche par ses langues et ses thèmes », avait-il confié à Media Actualités.

L’opus musical dont question ici s’intitule DOUGOUBA, un mot bambara signifiant « le grand village ». Il représente tout un symbole pour cet artiste issu des deux rives du fleuve Congo et porteur d’une vision panafricaine assumée.

Mêlant salsa et touches de rumba, l’album se veut dense, plurilingue et profondément enraciné dans les réalités africaines. Ceux qui ont déjà découvert quelques extraits parlent d’une œuvre ambitieuse, capable de hisser Ruffin Hodjar parmi les grandes voix de la salsa du continent, à l’image de son idole Pete El Conde en Amérique latine.

Ce chanteur qui a pris son envol grâce à son maxi-single « Olomi el marrido » (2008) entend cette fois-ci bien s’imposer comme l’un des gardiens du temple de la salsa en a
Afrique.

Kinshasa au cœur de son inspiration

Parmi les titres phares de son nouveau projet musical figure une aubade dédiée à Kin-la-Belle, vibrante déclaration d’amour à la capitale congolaise et à sa vitalité culturelle. Cet hommage pourrait bien se greffer dans la dynamique du projet urbain « Kinshasa ezo bonga », porté par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki.

Cerise sur le gâteau : cet auteur exceptionnel en a profité pour revisiter en version salsa la mythique chanson « Kinshasa » de Francis Bebey, avec la bénédiction du fils de ce dernier, Patrick Bebey — pour ne pas le citer —, le non moins célèbre pianiste attitré de Papa Wemba.

L’auteur de cette chanson prodigieuse espère d’ailleurs tourner le clip de ce titre à Kinshasa, au cœur même de l’énergie qui l’inspire, grâce au soutien de l’autorité urbaine et de toutes les personnes de bonne foi.

Entre musique et poésie

Musicien mais aussi amoureux des belles-lettres, cet aède cultive un lien profond avec la muse, au regard de ses belles stances dédiées à Essous Jean Serge et Pascal Tabu Ley. Au jour d’aujourd’hui, le chanteur intrépide finalise les derniers réglages de Dougouba, son long playing qui ambitionne de replacer la salsa africaine sur le devant de la scène musicale internationale.


Une chose est absolument sûre et certaine : Ruffin HODJAR ne veut pas seulement faire danser l’Afrique, il veut également faire battre son cœur au rythme de la musique chère à Don Gonzalo Fernandez et Célia Cruz.

Que viva la musica, diront dans leurs tombes les feus Johnny Pacheco et Papa Wemba, le seul musicien africain ayant participé à l’enregistrement du disque marquant le 60ᵉ anniversaire d’Aragon, l’orchestre révolutionnaire cubain.

Jean-Paul ILOPI Bokanga / Directeur de rédaction.

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