
La disparition inopinée de François Kaniki Ituome, ancien PDG de l’AGETRAF, PCA de Bolloré Transport et Logistique en RDC, sénateur honoraire, survenue ce mardi 13 janvier en France, a pris de court ses proches ainsi que l’ensemble de la population du Maï-Ndombe.
C’est aux premières heures de la matinée que la Rédaction de Media Actualités a reçu le communiqué officiel, signé par son neveu Donat Ituome, annonçant cette triste nouvelle.
D’après le poète Victor Mabusa M’bemba, président de la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, l’illustre disparu, que les intimes appelaient affectueusement « TIGRE », est né à Nioki le 19 janvier 1954. Frère cadet de feu Laurent Cardinal Monsengwo, il effectua ses études primaires à Mongobele, agglomération voisine d’Issaka, non loin de la « capitale du bois »,Nioki. Il poursuivit ensuite sa formation au Petit Séminaire de Bokoro, où il étudia jusqu’en 4ᵉ littéraire.

En 1972, il obtint son diplôme d’État au Collège Saint-Paul (Kivuvu) de Bandundu-ville, après son passage à Bokoro. Il entama ensuite des études de droit au Campus universitaire de Kinshasa jusqu’en première licence, avant de les parachever à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville.
La fin de ses études fut marquée par deux événements tragiques qui le bouleversèrent profondément :
- La mort tragique de son grand frère, Paul Nkanda Ngwo, le 24 novembre 1975, assassiné par des éléments incontrôlés de la Division Spéciale Kamanyola, le jour même où cette unité venait d’être célébrée ;
- Le décès de son père, Jules Ituome, en 1976.
De retour au pays après ses études à Brazza-la-Verte, Tigre entama une longue et riche carrière professionnelle aux côtés du Grand Patriarche Joseph Nsinga Udjuu Untube Ungwa Kebi.

Juriste de formation, il fut tour à tour magistrat (avocat général à la Cour d’appel), homme d’affaires, administrateur et gestionnaire de sociétés, ainsi qu’homme politique. Il occupa notamment les fonctions de PARSEC du Premier ministre Nsinga Udjuu, avant de devenir sénateur de la République.
Dès l’annonce de son décès, Media Actualités a été submergé par une vague de messages de compassion, de témoignages et de souvenirs. Le premier est venu de M. Pascal Nkanka Bokanga, Secrétaire exécutif de l’ANSEBO, qui a rappelé que le disparu fut un soutien constant de cette association regroupant les anciens du Petit Séminaire de Bokoro, véritable vivier de l’élite et de l’intelligentsia du Maï-Ndombe.
Malgré sa stature, François Kaniki participait activement — moralement et financièrement — aux activités de l’ANSEBO, notamment aux rencontres foraines annuelles organisées à Kinkole à l’occasion de la fête de Saint Louis de Gonzague, le saint patron du Petit Séminaire de Bokoro.
Par ailleurs, le défunt soutenait avec constance les groupes folkloriques Sakata et autres de sa province d’origine, contribuant ainsi à leur rayonnement actuel. En retour, ces bardes lui dédièrent de nombreuses chansons célébrant son mécénat et son leadership reconnu dans le Maï-Ndombe. Il était aussi l’une des rares personnalités publiques de cette province à s’adresser directement à la population dans les langues du terroir, qu’il maîtrisait parfaitement.
C’est également à son initiative que la SODEFOR ( ex Forescom) renforça ses œuvres sociales au bénéfice des populations locales, facilitant notamment, dans des circonstances particulières, le transport fluvial des plus démunis à bord de ses bateaux. Au Sénat, il s’illustra comme un ardent défenseur du peuple du Maï-Ndombe.
Réagissant à cette disparition, Son Excellence Nkoso Kevani, l’actuel gouverneur de la province du Maindombe, s’est exprimé en ces termes :
« Que l’âme de notre cher Patriarche repose en paix. »
L’Honorable Abdon Etina Betike, autorité morale de l’APOCM, a abondé dans le même sens :
« Paix à son âme. Nous attendons le programme des obsèques de ce grand fils du Maï-Ndombe, dont la disparition laisse un vide immense dans l’ancien district du Lac Léopold II. ». Celui que la population appelle affectueusement « Le Muntu » s’est ainsi associé à la douleur collective.
Enfin, Jean-Henri Kinda Bopete, élu français originaire du Maï-Ndombe, a livré un témoignage poignant sur cet homme humble et généreux, auprès de qui il fit ses premiers pas professionnels aux côtés du Patriarche Joseph Nsinga Udjuu. Longtemps PARSEC de ce grand homme d’État, François Kaniki fut un acteur discret mais majeur de plusieurs périodes clés de la vie politique congolaise.
Une information de dernière minute en provenance de Paris nous apprend que le corps de François Kaniki Ituome, ancien PARSEC du Premier ministre Joseph Nsinga Udjuu, ancien secrétaire juridique à l’INSS et ancien coordonnateur du BTC, se trouve actuellement à l’hôpital d’Aubervilliers, en France. Le défunt laisse quatre enfants, dont un est décédé.
Selon des sources familiales, et dans l’attente du rapatriement de la dépouille mortelle, le recueillement sera organisé dans l’enceinte de la Paroisse Sainte-Anne, à partir de ce jeudi 15 janvier 2026 dans la soirée.

Pour votre gouverne, Media Actualités continuera d’informer régulièrement ses lecteurs de l’évolution de ce dossier funéraire jusqu’aux obsèques, au fur et à mesure que les informations et messages de compassion idoines parviendront à sa rédaction.
Jean-Paul ILOPI Bokanga
Directeur de rédaction
