UNIKIN : plaidoyer pour assumer les langues congolaises

Culture
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dans la production scientifiqueLors de la soutenance publique de la thèse de doctorat de Thomas Ndjekambudi Nkoy, le professeur Jacques Ngangala Balade Tongamba, philosophe de l’UNIKIN et membre suppléant du jury, a tenu à associer sa voix à celle de ses prédécesseurs pour féliciter le récipiendaire pour sa production scientifique consacrée au « Procès de la modernité » de Charles Taylor.

S’adressant d’une manière implicite aux futurs doctorants présents dans la salle, le professeur Ngangala a rappelé le sens de la recherche doctorale en philosophie : « Soit on institue un concept, soit on le clarifie.

Et dans le cas présent, le concept de modernité tel que développé par Charles Taylor a été bien clarifié. Donc, sur ce plan, le postulant devrait être apaisé. »Mais il a soulevé ce qu’il a appelé « un petit souci » : la question de l’ancrage. « C’est quoi l’ancrage ? Nous empruntons des concepts pour faire quoi ? Pour les opérationnaliser, avait-il fait remarquer. »

L’orateur s’est réjoui de l’appel lancé par l’Université de Kinshasa et le ministère de l’Enseignement supérieur à intégrer les langues nationales dans les productions scientifiques, en regrettant toutefois que cette orientation ne soit pas toujours suffisamment appliquée.« Avec tout mon respect, monsieur le secrétaire général à la recherche, vous ne le faites pas suffisamment. Vous donnez beaucoup d’importance aux publications dans ceci, dans cela, mais voilà un aspect fondamental : que le résumé de la thèse se produise dans une langue nationale», avait-il requis.

Prenant l’exemple du résumé en lingala de la thèse défendue, il a estimé que la traduction du concept d’« identité » n’était pas satisfaisante : « Ne nous trompez pas ! Nous faisons de la science», avait-il fait remarquer.Selon lui, le doctorant n’a pas recouru aux institutions habilitées, se contentant seulement de citer deux structures de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, en l’occurrence le département de Traduction et Interprétariat.

Ainsi lui conseillait-il de prendre également langue avec le Centre congolais de terminologie et de lexicographie, chargé d’aider à rectifier les termes utilisés pour exprimer la science et d’assurer les passages entre les langues.« C’est là que vous deviez amener votre traduction.Le français, vous le maîtrisez, vous êtes très bien aliéné en français, mais vous ne savez pas être authentiquement Congolais à travers vos propres langues », a-t-il lancé.

En conclusion, sans poser de question, le professeur Jacques Ngangala Balade Tongamba a voulu « interpeller tout le monde présent à s’assumer comme Congolais ».

Bélance BENGALI.

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