Commune de Lemba : attention aux intermédiaires véreux pour l’obtention des documents officiels

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La forfaiture et la concussion semblent avoir la peau dure dans certains rouages de l’administration publique en RDC, où l’obtention d’un document officiel peut parfois tourner au parcours du combattant.

Alors que l’État congolais assure, par exemple, que le nouveau passeport s’obtient officiellement au prix de 75 dollars américains, certains requérants affirment avoir déboursé jusqu’à 250, voire 300 dollars, en passant par des circuits aussi inutilement coûteux qu’abracadabrants.

Le phénomène aurait pris une telle ampleur qu’il tendrait à devenir, dans certains services, un passage presque obligé pour l’obtention de documents administratifs, y compris les plus usuels. Si cette pratique est signalée dans plusieurs communes de la capitale congolaise, elle serait particulièrement visible à Lemba, où des individus, parfois décrits comme véreux, aborderaient les requérants pour leur proposer, leur « accompagnement », moyennant naturellement espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais au-delà du coût de ces services, ce sont surtout les cas présumés d’abus qui susciteraient la colère des personnes roulées dans la farine. L’un des cas récemment signalés mettrait en cause un individu connu sous le surnom de « Teta », dont la vraie identité n’a pas été révélée. Celui-ci aurait proposé ses services à plusieurs candidats à l’inscription dans des établissements d’enseignement supérieur et universitaire, notamment pour l’obtention d’actes de naissance et d’attestations de bonne vie et mœurs.

Présenté comme un agent œuvrant dans le service municipal du tourisme, le précité aurait ainsi pris en charge plusieurs dossiers, avant, selon les témoignages recueillis, de faire tourner les requérants en bourrique.Certains d’entre eux affirment avoir été pendant plusieurs semaines « menés en bateau » et n’avoir obtenu, en guise de réponse, que des promesses scabreuses.

Le lundi 28 septembre 2026, un groupe de postulants aux études supérieures et universitaires, préoccupés par l’approche de la date butoir des inscriptions à l’Université de Kinshasa, aurait décidé de se constituer en collectif de victimes présumées afin de porter leurs doléances auprès du chef de bureau de la commune.

À l’issue des vérifications entreprises, il aurait été constaté que la personne mise en cause ne se trouvait pas à son supposé lieu de travail. Selon les plaignants, elle aurait cessé de répondre normalement à leurs sollicitations, les renvoyant de report en report au moyen d’appels téléphoniques.

S’étant estimées lésées, les victimes de cette duperie auraient alors saisi la police rattachée à la maison communale de Lemba pour rentrer dans leurs droits.Soucieux de permettre aux requérants de disposer rapidement des documents dont ils avaient besoin, le chef de bureau leur aurait demandé de reprendre, dans les formes requises, la procédure officielle d’obtention desdits documents.

À leur grande surprise, ceux-ci auraient finalement été délivrés le même jour, suivant la procédure administrative régulière.Quant aux sommes d’argent versées au démarcheur disparu de la circulation, les services de police auraient rassuré les plaignants qu’une éventuelle restitution pourrait être envisagée si la personne mise en cause était retrouvée et si les faits qui lui sont reprochés étaient établis à l’issue de la procédure.

Restent toutefois des questions essentielles : comment un tel intermédiaire aurait-il pu exercer ses activités dans l’enceinte de la commune ou à proximité des services municipaux sans attirer l’attention des responsables ? Et surtout, dans quelles conditions aurait-il pu donner aux requérants l’impression d’être habilité à les assister dans leurs démarches administratives ?Ces interrogations méritent donc des réponses claires. Car au-delà du cas individuel de « Teta », c’est la question du contrôle des personnes qui gravitent autour des services publics qui se pose.

Les autorités municipales de Lemba sont donc appelées à renforcer la surveillance autour de leurs services et à rappeler clairement aux usagers les procédures officielles, ainsi que les coûts réels des documents administratifs. Une telle démarche permettrait de réduire l’espace laissé aux démarcheurs indélicats et, surtout, de préserver la confiance des citoyens envers l’administration.

La Rédaction

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