Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2019 et facilitée par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la Journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus est célébrée ce lundi 08 septembre 2026, à travers le monde.
Pour son édition 2026, la campagne met l’accent sur les bénéfices d’une action intégrée en faveur du climat et de la qualité de l’air.
À Kinshasa, cette journée trouve un écho particulier dans une ville où la gestion des déchets reste l’un des défis environnementaux les plus visibles.« À l’origine, ce sont les vendeurs du marché de Selembao qui y déposent leurs déchets. Nous avons essayé de nettoyer nous-mêmes, mais sans succès », témoigne un riverain cité par Radio Okapi à propos d’un caniveau devenu un dépotoir sur l’avenue Révolution, à Selembao.À Ngaliema, le problème prend une autre forme. Des caniveaux sont utilisés comme lieux de dépôt des déchets, avec des conséquences sur l’écoulement des eaux. Des habitants demandent notamment que ces ouvrages retrouvent leur fonction première.Dans certains quartiers, le problème concerne aussi les eaux usées et les matières provenant des fosses septiques. Des agents chargés de l’assainissement ont dénoncé le déversement de ces matières dans les caniveaux.« Qu’on nous oriente calmement et qu’on aménage des marchés pour nous », a demandé pour sa part une vendeuse lors des opérations d’assainissement menées par le Service national.
Pour d’autres habitants, les opérations de nettoyage constituent néanmoins un changement visible. Des riverains interrogés lors de ces interventions ont salué le retour de la propreté dans certains espaces.Le Service national est désormais au cœur de ces opérations. La Task Force d’assainissement mise en place sous l’autorité du président de la République coordonne notamment les interventions sur les points d’insalubrité de la capitale. Plus de 4 000 agents ont été mobilisés dans plusieurs communes.Ces opérations interviennent alors que la question de l’insalubrité est également devenue un sujet politique à Kinshasa.
En mai dernier, le gouverneur Daniel Bumba avait été interpellé à l’Assemblée provinciale notamment sur la situation des immondices dans la capitale.Mais au-delà des opérations ponctuelles, une interrogation demeure : comment empêcher que les sites nettoyés ne redeviennent des dépotoirs quelques semaines plus tard ?
La réponse ne dépend pas uniquement du nettoyage. Elle passe aussi par la collecte régulière, l’évacuation, le traitement des déchets et le comportement des habitants.Pour le PNUE et la Coalition pour le climat et l’air pur, l’édition 2026 rappelle justement que la lutte contre la pollution de l’air et l’action climatique peuvent produire des bénéfices sanitaires et économiques lorsqu’elles sont menées ensemble.
À Kinshasa, la question posée en cette Journée de l’air pur est donc simple : la ville peut-elle passer du nettoyage des déchets à une véritable gestion durable de ses déchets ?
Gaël Kabuya
