Incendie au Petit Collège Saint-Pierre : l’efficacité du dispositif anti-incendie de l’Hôtel de Ville remis en question ?
Kinshasa — Un incendie s’est déclaré ce lundi 7 septembre 2026, vers 13 heures, au Petit Collège Saint-Pierre, dans la commune de Kinshasa. Si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, le sinistre a causé d’importants dégâts matériels et s’est propagé à plusieurs bâtiments environnants.
Le feu s’est déclaré alors que les enseignants de l’EP4 étaient réunis, après la libération des élèves. Ce sont d’ailleurs certains élèves encore présents dans l’établissement qui auraient donné l’alerte.
Face à la progression des flammes, plusieurs biens ont pu être mis à l’abri, notamment des ordinateurs, des imprimantes, des livres et des cahiers.Mais l’incendie n’a pas tardé à prendre de l’ampleur. Les flammes ont atteint le bâtiment situé derrière l’école, avant de se rapprocher dangereusement du couvent et de la salle paroissiale.
Plus d’une heure d’attente
Au-delà des dégâts matériels, c’est surtout le délai d’intervention des services anti-incendie qui suscite des interrogations.Le bourgmestre de la commune de Kinshasa, Bienvenu Mbalibi, a affirmé que les services anti-incendie ne seraient arrivés que plus d’une heure après le déclenchement du sinistre. Il a déploré cette lenteur, alors que les flammes avaient déjà gagné les bâtiments voisins.
Ce délai pose inévitablement la question de l’efficacité du dispositif anti-incendie placé sous la responsabilité des autorités urbaines. Les moyens actuellement disponibles permettent-ils réellement d’assurer une intervention rapide dans les différents quartiers de Kinshasa, particulièrement dans les zones densément peuplées ?
Prévention et moyens d’intervention : un même combat
Pour Carmella Lydie Kukundama, experte en sécurité incendie, la lutte contre les incendies ne peut se limiter à l’intervention des secours une fois que les flammes ont pris de l’ampleur.Elle insiste notamment sur l’importance des équipements de première intervention, au premier rang desquels figurent les extincteurs, mais également sur la nécessité de disposer de détecteurs et de systèmes automatiques de détection et d’extinction.Prévention et capacité d’intervention doivent ainsi aller de pair. Un départ de feu détecté et maîtrisé dans les premières minutes peut, dans bien des cas, empêcher qu’il ne se transforme en incendie majeur.
L’Hôtel de Ville attendu sur les capacités opérationnelles
Le sinistre du Petit Collège Saint-Pierre intervient quelques jours seulement après l’incendie de la salle Panacée, à Lingwala, qui avait coûté la vie à plusieurs personnes.
Ce précédent avait amené les autorités à annoncer des contrôles dans les établissements accueillant du public.À Saint-Pierre, cependant, une autre question se pose désormais : une fois l’alerte donnée, les services anti-incendie disposent-ils réellement des moyens humains, matériels et logistiques nécessaires pour intervenir dans les délais requis ?
L’origine du feu demeure, pour l’heure, inconnue et devra être déterminée par une enquête.Mais le délai d’intervention évoqué par le bourgmestre relance déjà le débat sur les capacités opérationnelles des services anti-incendie à Kinshasa.Pour l’Hôtel de Ville, l’enjeu dépasse donc le seul cas du Petit Collège Saint-Pierre.
Il s’agit désormais de répondre à une préoccupation essentielle de sécurité publique : comment réduire au minimum le délai entre le déclenchement de l’alerte et l’arrivée des secours lorsqu’un incendie éclate ?
Par Gaël Kabuya
Média Actualité
