Les professionnels de santé du Sud-Ubangi ont paralysé partiellement la ville de Gemena ce vendredi 29 mai 2026. Réunis au sein de l’Ordre national des infirmiers et de l’Intersyndicale du secteur de la santé, ils ont organisé une marche pacifique pour dénoncer des abus récurrents, particulièrement lors du paiement de leurs salaires et primes à Afriland First Bank.
Partis de plusieurs points de la ville, les manifestants ont d’abord convergé vers l’Assemblée provinciale avant de se diriger vers le gouvernorat, où un mémorandum a été remis au Gouverneur de province.
Ils ont également saisi les députés provinciaux afin que leurs revendications soient portées à l’échelon institutionnel.
Reçus devant le bâtiment administratif de la première institution provinciale par le vice-président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Papy Malumba Ndoko, les professionnels de santé ont procédé à la lecture publique de leur mémorandum.Lu par Jules Balianga, président de l’Ordre des professionnels de santé du Sud-Ubangi, le document dénonce des violations répétées des droits des agents, des arrestations arbitraires et diverses formes de mauvais traitements.Selon les signataires, la situation s’est aggravée ces derniers mois, marquée par des actes d’humiliation, d’intimidation et d’atteintes graves aux droits fondamentaux, imputés à certaines autorités administratives, politiques, judiciaires et à des personnes influentes de la province.
Les professionnels de santé fustigent également le non-paiement de certaines primes de risque, de salaires et de la paie complémentaire T4 au titre de l’année 2025.
Parmi les griefs , l’on peut citer :
1. L’agression d’un infirmier de l’Hôpital général de référence de Kungu, violemment tabassé et torturé par un agent de sécurité d’Afriland First Bank alors qu’il venait percevoir sa prime de risque du mois de mars. Des images de la scène ont largement circulé sur les réseaux sociaux.
2. L’arrestation arbitraire d’un infirmier titulaire de la zone de santé de Banga-Bola, territoire de Budjala. Les manifestants dénoncent des discriminations liées à ses origines et signalent sa détention actuelle à la prison centrale d’Angenga à Gemena.
3. Les tensions à la mission catholique de Mbaya, où certains responsables exigeraient la participation obligatoire des agents de santé aux prières matinales et aux travaux champêtres de l’Église. Plusieurs agents affirment avoir été arbitrairement incarcérés dans ce contexte.
Face à cette situation, les manifestants sollicitent :
– L’implication personnelle du gouverneur de province.
– L’ouverture d’enquêtes impartiales sur tous les cas dénoncés
.- La libération immédiate des agents qu’ils considèrent injustement détenus.
– La protection des professionnels de santé contre toute forme de violence et d’arrestation arbitraire.
– Le rétablissement de leur dignité et de leur autorité dans l’exercice de leurs fonctions.
Réagissant aux préoccupations exprimées, l’honorable Papy Malumba Ndoko a appelé les manifestants à la solidarité envers leurs collègues victimes d’abus. Il a assuré de l’engagement de l’Assemblée provinciale dans le suivi du dossier.
Le vice-président a révélé qu’une question orale avec débat a déjà été initiée par un député provincial à l’attention du ministre provincial de la Santé. Une commission d’enquête parlementaire sera par ailleurs déployée dans les différentes zones de santé du Sud-Ubangi afin d’évaluer la situation et de formuler des recommandations.
Tout en invitant les professionnels de santé à l’apaisement, l’élu de Libenge a réaffirmé la détermination de l’Assemblée provinciale à faire progresser leurs revendications et à contribuer à des solutions durables.
Les professionnels de santé attendent désormais une réponse urgente de l’exécutif provincial à leurs revendications.
Ezéchiel BINGOMBI
