Le surgissement ex nihilo d’Abdon Etina Bekile Ipan dans l’arène politique congolaise, via notamment son brillant plébiscite aux élections législatives nationales de 2018, avait créé un véritable effet boule de neige. Jusqu’en pratiquement 2015, seuls les initiés connaissaient de visu ce leader charismatique et généreux, le commun des mortels n’ayant perçu que par ouï-dire la dimension altruiste de cet acteur socio-économique qui allait devenir, en 2018, le meilleur élu national de la province chère à Maurice Mpolo, à feu Laurent Monsengwo Pasinya et à tant d’autres figures emblématiques.
Media Actualité, toujours à l’affût des informations sortant des sentiers battus, s’est entretenu à cœur ouvert avec celui dont le registre de l’état civil signale la venue au monde deux années après l’avènement de l’indépendance de la RDC, sous le nom d’Abdon Etina Bekile Ipan, dans la ville-province de Kinshasa.
Ce kinois pur sang ayant pratiquement fait toutes ses études primaires et secondaires à l’intérieur du pays, ancien haut cadre de la Direction Générale des Douanes et Accises, député national honoraire du territoire de Kutu, dans la province du Mai-Ndombe, aujourd’hui Directeur Général adjoint de la Direction Générale des Impôts et autorité morale de l’Apocm, avait volontiers accepté de s’entretenir à bâtons rompus avec Media Actualité, afin de permettre aux lecteurs de ce tabloïd de le découvrir pas à pas à travers la saga dont nous publions ici le premier épisode.
Media Actualité : Bonjour Président, honorable Abdon Etina. Vous êtes un opérateur politique qui a véritablement pignon sur rue dans le territoire de Kutu en particulier, et dans la province du Mai-Ndombe en général. Dites-nous : comment êtes-vous parvenu, sans trop crier gare, à prendre le contrôle du leadership politique dans ladite province ?

Abdon Etina : Nous pouvons d’abord vous rassurer que cela est arrivé d’une manière simple et naturelle. Ensuite, vous révéler qu’il s’agit d’une mission que le Seigneur Tout-Puissant nous a confiée. En effet, pour le chrétien que nous sommes, nous avons la conviction que c’est le Seigneur Dieu qui est l’architecte par excellence de notre vie, dans la vision comme dans la provision.C’est pourquoi nous pensons dur comme fer que cette belle propension à nous occuper des autres, à prendre à cœur les problèmes d’autrui et à y donner des solutions, si minimales soient-elles, se trouve incrustée dans la nature même que le Créateur nous a donnée.Depuis notre tendre enfance, nous avons vécu dans une maison qui était une sorte d’ambassade familiale, parce qu’elle recevait des gens de tous les niveaux sociaux, venus de tous les horizons. Et nous, sans regimber, comptions parmi les rares enfants de Kinshasa prompts à céder leur place à ceux qui arrivaient de la cambrousse, afin de les mettre un tantinet à l’aise.Plus tard, quand nous avons commencé à gagner notre pain à la sueur de notre front, nous n’avons jamais refusé de secourir ceux qui étaient dans le besoin : parents, amis ou simples connaissances. C’était pareil en Europe et partout ailleurs hors du pays, voire là où nous avons travaillé à l’intérieur du territoire national, notamment dans le Grand Katanga.
Media Actualité : Nous savons que vous êtes né à Kinshasa, mais que vous avez gardé de solides accointances avec l’arrière-pays. Est-ce votre parcours scolaire dans le Mai-Ndombe qui vous a donné cet ancrage solide au terroir ?
Abdon Etina : Hélas non ! Comme d’aucuns le savent, nous avons commencé nos études primaires à Mbuji-Mayi, au Kasaï oriental ; ce qui explique d’ailleurs que nous puissions bien parler le tshiluba. Après le Kasaï, nous avons entamé nos études secondaires au Kongo Central, précisément à Lemfu, avant de les poursuivre à l’Institut Don Bosco — communément appelé “Indobo” — à Kikwit, dans l’actuelle province du Kwilu.À la suite d’une nouvelle mutation de notre père, nous sommes repartis vers Mbuji-Mayi, où nous avons décroché notre diplôme d’État. Après cette étape, nous nous sommes directement envolés vers l’Europe, où nous avons effectué notre cursus supérieur et universitaire.Dans notre jeunesse, nous avons donc passé plus de douze ans au Kasaï, au Kwilu et au Kongo Central, et plus de douze années à l’extérieur du pays, avant de séjourner pendant assez longtemps dans le Grand Katanga, pour des raisons professionnelles.Ainsi parlons-nous couramment les quatre langues nationales de la RDC : le lingala, le tshiluba, le kikongo et le swahili, sans bien entendu oublier la langue officielle de notre pays : le français. C’est ce puissant brassage culturel qui anime notre esprit, pourquoi pas tout notre être.
Media Actualité : Et quel genre de contacts aviez-vous alors eus dans le passé avec la province qui est devenue aujourd’hui votre fief électoral, au point d’en imposer l’actuel gouverneur, qui est issu de votre organisation politique ?
Abdon Etina : Nous avons eu notre première rencontre avec notre milieu d’origine à travers des frères, des sœurs, des oncles et des tantes qui séjournaient fréquemment chez nous, où que nous soyons : à Kinshasa, à Kikwit ou à Mbuji-Mayi. En tout cas, partout où notre paternel était muté pour des raisons de service, le terroir se manifestait d’une manière ou d’une autre.Il en était de même dans le Grand Katanga, où nous nous étions professionnellement établis dans le secteur des douanes et accises. En sus, dans notre jeunesse, nous allions fréquemment en vacances dans l’ancien district du Lac Léopold II, notre père y ayant organisé quelques activités agrestes.Toutefois, à l’âge adulte, nous étions au départ restés attachés aux endroits qui nous avaient le plus marqués dans la vie, notamment le Kasaï, où nous avons d’ailleurs participé à la matérialisation de nombreuses œuvres caritatives et sociales, comme par exemple ce centre de formation en écriture braille pour les malvoyants ou les non-voyants, que nous avions initié en 2007.Nous vous prions, par exemple, de repasser demain ici aux environs de 12 h 00 ( Chaque 1er dimanche du mois, notre interviewé reçoit des personnes vivant avec handicap à son domicile NDLR) et vous verrez un rassemblement de plus de 400 personnes bénéficiant depuis moult années de notre soutien permanent, sans arrière-pensées politiques, encore moins politiciennes.Lorsque vous allez dans le Grand Katanga, vous apprécierez à leur juste valeur les opérations caritatives diligentées par votre serviteur, afin de soulager tant soit peu ses semblables vivant dans la gêne et dans la précarité.Contrairement à ce qui se dit, la main qui donne ne doit pas être celle qui ordonne, mais plutôt celle qui reçoit. Nous confessons ici que la nôtre reçoit de multiples bénédictions divines.
Media Actualité : D’où votre réputation d’“Apesa atala te” ?
Abdon Etina : Généralement, les gens pensent que nous aidons à foison, du genre : justement “Apesa atala te”. Que nenni ! Nous profitons de l’occasion pour dire que cette assertion n’est pas totalement conforme à notre réalité, encore moins à notre vision idéologique.Mais ce qui est vrai, devant une situation qui exige notre intervention, nous mettons souvent en branle les moyens matériels et immatériels que le Bon Dieu a mis à notre disposition pour trouver une solution, car c’est Celui-là qui s’occupe en fait de nous pourvoir en divers biens et surtout de nous approvisionner en multiples bienfaits, afin d’être à même de gérer certains problèmes qui paraissent impossibles à l’homme, mais non au Dieu Tout-Puissant.
Media Actualité : À vous entendre parler, le Mai-Ndombe n’aurait reçu de vous qu’une portion congrue. Comment êtes-vous alors devenu, presque crânement, le grand parrain de cette entité provinciale ?
Abdon Etina : (Rires). Ce mot de “parrain” nous rappelle qu’au début de notre apostolat philanthropique dans notre province d’origine, certaines rumeurs avaient couru — sûrement entretenues par quelques grosses pointures locales ayant redouté notre leadership bienveillant dans ce qu’elles considéraient comme étant leurs chasses gardées — selon lesquelles Abdon Etina serait un grand “frappeur” venu d’Europe pour emberlificoter les siens.Alors qu’habitué à soulager nos semblables dans le besoin ailleurs, nous avions simplement pris conscience qu’il fallait un tout petit peu sortir les nôtres de l’ornière, avec bien sûr nos modestes moyens. En tout cas, au premier diagnostic, il semblait notoire que les peuples de notre entité provinciale paraissaient englués dans un dépérissement indicible.Contrairement à ce que s’imaginent certains oiseaux de mauvais augure, avec un peu de sacrifice, de loyauté et d’amour pour son prochain, il ne faut parfois pas grand-chose pour sortir autrui du pétrin et lui redonner espoir. Un peu de bonne volonté, surtout de bonne foi, peut quelquefois déplacer des montagnes, en faisay surgir des talents inhibés ou des ambitions étouffées, là où personne ne s’y attendait.Ainsi, il ne suffit pas de vouloir faire le bien ; il faut surtout savoir le bien faire. La manière de donner vaut souvent mieux que ce que l’on donne, dit-on.
Media Actualité : Pourquoi une percée si tardive dans le Maï-Ndombe ? Vous craigniez qu’en y arrivant avec vos biens, les vieux oncles, tantes, cousins et frères du terroir, généralement traités de sorciers par les exorcistes ou autres thaumaturges qui semblent courir les rues dans votre fief électoral, vous attendent au tournant ou vous cherchent les poux dans la tête ?
Abdon Etina : Non ! Pas du tout ! Ce sont plutôt ces notables, chefs coutumiers, vieux enseignants, matrones et autres figures respectées qui sont arrivés à nous convaincre de nous jeter dans l’eau, en validant notre leadership bénéfique pour la population locale et en poussant celle-ci à faire de notre modeste personne un élu national.Dans notre cas, ce n’était nullement une fuite en avant, mais plutôt l’éloignement qui faisait que nous n’avions pas eu à temps conscience du dénuement dans lequel baignait la population maï-ndombienne.Lorsque certains échos alarmants nous étaient parvenus au loin, nous avions sans barguigner décidé, à la bonne franquette, d’aller nous-mêmes palper du doigt cette décadence de l’ancien Domaine de la Couronne belge au Congo-Léopoldville pendant la colonisation.(Historiquement, une grande partie de l’actuelle province du Mai-Ndombe correspondait au “Domaine de la Couronne” du roi Léopold II dans l’État indépendant du Congo. Sous ce régime, le district du Lac Léopold II — aujourd’hui le Mai-Ndombe — faisait partie des territoires relevant directement de la gestion du monarque belge. Il avait fallu attendre 1908 pour que cesse cet état des choses.)
Media Actualité : Comment s’était alors opérée cette catharsis ?
Abdon Etina : Profitant d’une neuvaine spéciale organisée par l’abbé Boninga à la mission catholique de Bokoro, dans le territoire de Kutu, bien entendu, dans la province du Mai-Ndombe, nous y étions arrivé incognito, accompagné seulement de feu Lefuni, autrement appelé “Vieux Lef”, de Kutu.Comme nous avions refusé de passer la nuit au couvent afin de vivre pleinement les réalités de la population lambda, nous nous étions installés dans une habitation en matériaux semi-durables, couverte bien sûr de tôles, mais avec des installations sanitaires quasi déplorables.Quand on entrait, par exemple, dans la douche ou dans les toilettes, on avait l’impression que tous les riverains vous observaient au loin. Il nous avait alors fallu toute notre résilience d’ancien pensionnaire d’internat pour nous adapter à cette situation éprouvante.Intrigués tout de même par notre prestance sereine ainsi que par notre personnalité altruiste et chatoyante, les participants à cette grande rencontre spirituelle avaient commencé à se poser des questions sur nous, surtout lorsqu’à la fin de cette activité, nous avions offert toute une vache pour nourrir cette foule venue de différents coins de la province.Après ce grand moment de prière, nous avions sillonné les environs de la cité de Bokoro avec l’abbé Boninga, dont le charisme dans la contrée semblait avéré.Ainsi avions-nous noté la situation absolument catastrophique dans laquelle sombrait ce lieu paradisiaque d’antan, devenu l’équivalent d’un enfer. C’est alors que nous avions décidé d’agir, au départ non en homme politique, mais plutôt en défenseur et inducteur du développement endogène.Voici comment est né progressivement l’engagement socio-politique et patriotique de votre serviteur Abdon Etina Bekile Ipan, affectueusement surnommé “Le Muntu”, dans sa province d’origine.Affaire à suivre de très près.
Foi de Média Actualités !Propos recueillis par Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de Rédaction.
