Le calvaire des artistes abandonnés à leur triste sort lors des déficits pathologiques
est arrivé à son terme avec l’excellente gouvernance de Son Excellence Yolande Elebe Ma Ndembo.
Pendant de longues décennies, la scène culturelle congolaise a été le théâtre d’un paradoxe douloureux : alors même que les artistes façonnaient l’identité nationale, transmettaient la mémoire collective et portaient haut les couleurs de la République Démocratique du Congo, beaucoup d’entre eux terminaient leur vie dans la misère, la maladie et un silence amer. La nation vibrait sous leurs œuvres, mais leur propre existence, lorsqu’elle se fragilisait, ne bénéficiait pas d’accompagnement
digne de leur contribution.
Il n’est plus possible de compter le nombre de célébrités musicales, dramaturges, écrivains, peintres, danseurs ou comédiens qui, au crépuscule de leur vie ou dans l’urgence d’une maladie, ont dû apparaître sur les écrans de télévision, la voix tremblante, pour implorer l’aide de l’État, la Première Dame, des mécènes, ou des gens de bonne volonté. Ces scènes poignantes, devenues tristement ordinaires, ont longtemps illustré l’incapacité du système national à assurer un minimum de protection sociale à ceux qui ont pourtant construit l’âme culturelle du pays.
La vision de Yolande Elebe Ma Ndembo
Depuis son arrivée à la tête du ministère congolais de la Culture, Arts et Patrimoine, l’actuelle patronne de ce portefeuille semble incarner cette rupture tant espérée. Résolument engagée dans une vision humaniste, structurée et tournée vers la valorisation des créateurs, elle ambitionne de mettre fin à ces humiliations publiques, qui voyaient les artistes en détresse réduits à mendier leurs droits aux soins médicaux.
Le 19 novembre dernier, la ministre dont question ici a rencontré son homologue de la Santé, Hygiène et Prévention sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, pour échanger sur la mise en œuvre effective d’une couverture maladie dédiée aux artistes et à leurs conjoints, conformément au nouveau statut octroyé par l’arrêté signé par la cheffe du gouvernement en juin 2025. Une étape majeure qui consacre enfin l’artiste congolais comme un professionnel à part entière, digne de protection, d’encadrement et d’assistance sociale.
En sus d’un simple acteur social, l’artiste est donc devenu un pilier du patrimoine national; c’est donc cela la vision de la poétesse qui occupe aujourd’hui le fauteuil du ministère congolais ayant la culture, l’art et le patrimoine comme rayon d’action.
En effet, la nouvelle orientation voulue par Mme Elebe Ma Ndembo repose sur un principe fondamental : Reconnaître l’artiste comme un pilier essentiel du patrimoine national. Au-delà donc de l’animation culturelle, l’artiste est un créateur de sens, un ambassadeur de la nation, un porteur d’histoire, qui mérite amplement un statut qui reflète cette importance.
Cette vision a débouché sur la mise en place de dispositifs de soutien médical et social destinés à prendre en charge, de manière rapide et digne, les artistes souffrant de maladies graves ou nécessitant des soins spécialisés. L’objectif est clair : plus jamais un artiste congolais ne devra exposer sa souffrance devant les caméras pour espérer recevoir des soins, que ceux-ci soient prodigués au pays ou à l’étranger.
Une réforme structurée : calendrier et conditions
Pour assurer la réussite de cette couverture sanitaire, le Ministre de la Santé a conditionné le bénéfice de ce programme à une souscription obligatoire à l’assurance maladie, déjà opérationnelle au niveau national.
Pour ce, un calendrier prévisionnel a été défini :
- Décembre 2025 : identification officielle des artistes via le répertoire du ministère de la Culture ;
- a la fin 2025 : remise symbolique des premières cartes de santé à un échantillon d’artistes, afin de marquer le lancement formel dudit processus ;
- Année 2026 : déploiement complet de ce dispositif pour l’ensemble des artistes et leurs conjoints.
Ce cadre progressif vise à garantir une mise en œuvre rigoureuse, transparente et équitable.
Un tournant historique pour la dignité des artistes
L’initiative portée par Yolande Elebe Ma Ndembo marque un tournant majeur dans la manière dont la République Démocratique du Congo traite ses acteurs culturels. C’est une réponse structurelle à un problème historique et une manière forte de redonner espoir à un secteur longtemps négligé.
En plaçant l’artiste au centre des priorités sociales, la ministre ouvre la voie à une ère où la vulnérabilité ne sera plus synonyme d’abandon. Cette évolution, au-delà de sa dimension administrative, porte un message symbolique puissant : honorer et protéger ceux qui portent la culture congolaise, c’est honorer et protéger l’identité même de la nation.
Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de Rédaction.-
