Contrairement aux habitudes et aux pratiques d’antan, les épreuves sanctionnant la fin des études secondaires en RDC sont devenues un véritable parcours du combattant pour les parents ou tuteurs des élèves finalistes. Dès l’entame de l’année scolaire, ces derniers sont astreints à payer des montants qui n’entrent pas facilement dans les budgets familiaux.
Dès le début de l’année, les promoteurs des écoles privées ont “annoncé les couleurs” avec des minervaux avoisinant les 1 000 dollars, et, dans bien des cas, un minimum de 450 dollars dans les établissements situés dans les anciennes cités indigènes du Congo-Belge et du Rwanda-Urundi. Face à cette flambée, plusieurs préfets d’écoles conventionnées – particulièrement catholiques, réputées pour la qualité de leurs enseignements – se sont alignés sur ces tendances.
Dans de nombreuses écoles situées dans les cités, les frais initiaux avoisinent 300 USD, tandis que celles des quartiers les plus nantis rivalisent carrément avec les établissements privés. Les écoles autrefois accessibles aux enfants méritants, quelle que soit la situation financière de leurs parents, sont désormais devenues le repaire des enfants des familles aisées. Les élèves issus des milieux défavorisés, malgré leur intelligence, sont souvent priés d’aller “se faire cuire un œuf ailleurs”. Ces “Mozart assassinés” risquent, par manque d’opportunités, de finir dans les bas-fonds sociaux, mettant leur vivacité d’esprit au service d’activités malsaines.
Beaucoup imaginaient qu’une fois ces frais initiaux payés, le cauchemar financier des parents prendrait fin. Mais il n’en est rien ! Les promoteurs et préfets des écoles, considérant parfois les élèves de 6ᵉ comme des vaches à lait, exigent presque chaque mois de nouveaux frais, connus ou non de la hiérarchie. Pris dans ce tourbillon, beaucoup de parents n’arrivent plus à suivre.
Aux frais initiaux s’ajoutent :
les frais pour le contrôle des dossiers ceux pour les fournitures scolaires et uniformes estampillés ; pour les fiches de candidature ;
pour les photos et cartes d’élèves, et surtout, un montant de 70 USD pour les cours supplémentaires d’un prétendu renforcement de capacités, sans oublier la deuxième tranche à payer après le premier semestre.
Trop, c’est trop ! Face à ce qui s’apparente à un abus de pouvoir, l’autorité de tutelle vient de réagir par un communiqué signé le 18 novembre 2025 par l’Inspecteur général adjoint – Coordinateur, Félicien Saidiya Feleza. Ce dernier met en garde les parents et les candidats contre les agissements de certains individus mal intentionnés qui cherchent à les exploiter.
Selon ce communiqué, un certain Gentil Mwanza prétend avoir encadré 8 967 candidats en 2025, dont seuls 23 auraient échoué. Il exige désormais 10 USD aux candidats de 2026 pour les inscrire via WhatsApp dans un cours de rattrapage.
L’Inspection dénonce cet individu comme un imposteur, non répertorié parmi les inspecteurs officiels.
Le message de cette structure qui gère les examens est clair comme l’eau de la roche :
- Les cours des finalistes se donnent à l’école, et non dans des centres improvisés.
- Aucun frais supplémentaire n’est requis en dehors de ceux officiels.
- Les candidats et leurs parents doivent se méfier de toute forme d’arnaque.
- Les parents sont priés de ne pas donner d’argent à leurs enfants pour des opérations du genre de celles prônées par ce pseudo-encadreur.
Un homme averti en vaut deux !
Cet appel à la vigilance s’adresse à tous les candidats aux examens d’état, ainsi que leurs parents, friands de raccourcis pour obtenir un diplôme d’État sans en maîtriser les fondamentaux.
À bon entendeur, salut !
Jean-Paul ILOPI Bokanga/Directeur de Rédaction.
